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Les djihadistes font trembler l’Irak 

Les djihadistes font trembler l’Irak

Après avoir pris des villes du nord de l’Irak, les combattants de l’État islamique en Irak et au levant (EIIL) poursuivent leur progression en direction de Bagdad.

Qui sont les djihadistes qui ont pris les grandes villes du nord de l’Irak et menacent Bagdad ? 

Iraq Les djihadistes font trembler l’Irak L’État islamique d’Irak (EII) a été formé en 2006 pour lutter contre les troupes américaines, installées depuis le renversement du président irakien Saddam Hussein trois ans auparavant. Sa principale composante était la branche irakienne d’Al-Qaida, associée à des tribus sunnites et une multitude de groupes djihadistes.

 « Dès 2007, les anciens membres du parti Baas et les éléments salafistes s’en sont désolidarisés parce qu’Al-Qaida avait opté pour une lutte qui ne se limitait pas à l’Irak », explique Arthur Quesnay, doctorant en sciences politiques à la Sorbonne et associé à l’Institut français du Proche-Orient (Ifpo). Une partie des tribus sunnites a alors accepté de coopérer avec les Américains, en échange de valises de dollars et d’armes, au sein des « brigades Sahwa ».

 « Après le retrait des troupes américaines en 2011, les groupes baasistes, privés des fonds américains et de leur pouvoir, se sont ralliés de nouveau à l’EII », poursuit le chercheur. Au niveau local, le mouvement s’est « irakisé », son but devenant la lutte contre le pouvoir chiite à Bagdad.

Parallèlement, la guerre civile en Syrie a permis à Abdullah Al Bagdadi, son chef, d’étendre son influence au pays voisin. Le mouvement a changé de nom pour devenir l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL). Mais en 2013, le reste de l’opposition syrienne a combattu l’EIIL.

Ce mouvement s’est alors replié sur la frontière irako-syrienne et a réactivé ses ramifications en Irak. Début 2014, il a fait son entrée dans la ville sunnite de Falloudja, puis dans des quartiers de Ramadi, au nord de Bagdad, avec le soutien de la population sunnite et des élites marginalisées par le pouvoir central.

 « À Falloudja et Ramadi, des conseils et tribunaux civils ont été mis en place par les élites locales, sous la supervision de l’EIIL. À Mossoul, le fils d’un ancien vice-président du parti Baas a été nommé mercredi 11 juin au poste de gouverneur en remplacement d’un sunnite qui avait été nommé par les Américains et proche de Maliki », confirme Arthur Quesnay.

.Que veulent les djihadistes ? 

L’EIIL veut, comme l’indique son nom, créer un État islamique en Irak et au Levant, région qui englobe l’ensemble du Proche-Orient et en particulier la Syrie et le Liban.

Si le gouvernement de Bagdad ne réagit pas, si les États-Unis ne lancent pas leurs drones sur les zones qu’ils ont conquis, ils peuvent garder les territoires qu’ils contrôlent dans le nord de l’Irak, tant que leur alliance avec la population locale dure.

 « L’EIIL cherche à se créer une base sociale, explique Arthur Quesnay. À Mossoul, sa stratégie est d’encourager la population à retourner au travail. Il a puni des exactions en exécutant sur la place publique certains de ses combattants. »

D’autre part, l’EIIL peut compter sur les 2 000 à 3 000 détenus qu’il a libérés des prisons de Mossoul comme autant de nouvelles recrues. Ira-t-il jusqu’à Bagdad ? Prendre la capitale irakienne serait une grande victoire pour lui. « Mais ce serait suicidaire, estime Arthur Qesnay, car elle est bien protégée par des militaires aguerris. »

Quel est le lien avec le conflit syrien ? 

« L’Irak et la Syrie sont intimement liés dans l’esprit des djihadistes, analyse Romain Caillet, chercheur à l’Ifpo à Beyrouth. Sans la Syrie, les djihadistes n’auraient pas pu prendre Mossoul. Les sunnites sont minoritaires en Irak et majoritaires en Syrie. S’ils s’allient, ils deviennent majoritaires. L’objectif des djihadistes sunnites est aussi d’affaiblir le régime chiite iranien, en affaiblissant Damas et Bagdad. »

Pour l’armement, les mêmes connexions existent. Les armes lourdes qui ont permis l’offensive djihadiste sur les villes du nord de l’Irak sont venues de Syrie. À l’inverse, les financements sont irakiens : « Depuis des mois, les djihadistes prélèvent des taxes, entre 1,5 et 8 millions de dollars par mois à Mossoul, sur la production de pétrole, rackettent la population, poursuit le chercheur. Avec la prise de Mossoul, ils ont fait main basse sur 425 millions de dollars, stockés dans les caisses de la banque centrale de la ville. »

Sans compter qu’ils se sont aussi emparés du matériel militaire américain abandonné par l’armée irakienne, des hélicoptères Black Hawk, des véhicules Humvee et les armes.

Que peut faire le gouvernement irakien ? 

Le premier ministre, le chiite Nouri Al Maliki récolte les fruits d’une gestion sectaire depuis qu’il est arrivé au pouvoir. Face à la situation actuelle, sa réponse a été d’appeler le parlement à voter l’état d’urgence. Mais faute d’un quorum nécessaire, la session a été annulée hier.

Selon Hayder al Khoei, analyste au sein du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord de Chatham House, à Londres, des combattants des milices chiites iraniennes Al Sadr et Al Badr se prépareraient à partir en direction du Nord afin de protéger les minorités chiites isolées dans les villes majoritairement sunnites.

Il rapporte aussi que face à l’incapacité de l’armée irakienne, mal préparée et peu disposée à se battre contre les djihadistes, des centres de recrutement de milices ont ouvert à Bagdad et dans les villes du sud du pays, où des volontaires par centaines affluent pour intégrer les forces de sécurité irakiennes.

Ce qui selon lui, ne peut que rajouter à la polarisation religieuse du conflit. Mais Maliki peut compter sur le soutien de l’Iran, seul allié régional de Bagdad, qui y aurait déjà envoyé des formateurs. Le premier ministre irakien va aussi réitérer ses demandes de fourniture d’équipements militaires à Washington, qui jusque-là a refusé de lui fournir les drones équipés de missiles qu’il réclamait.

Les images montrant les djihadistes à Mossoul au volant des véhicules de l’armée américaine avec des armes saisies à l’armée irakienne lors de sa débâcle, ne vont cependant pas inciter le Congrès de Washington à donner son accord pour la fourniture d’autres armes.

Que veulent les Kurdes ? 

Les Kurdes ont déjà une autonomie au sein de l’Irak. Mais depuis la chute de Saddam Hussein, ils ont plusieurs contentieux avec le pouvoir central. Kirkouk faisait partie avec Mossoul et plusieurs villages de la région des « territoires disputés » avec Bagdad Avant-hier, les Peshmergas kurdes (combattants) ont profité de la désertion de l’armée irakienne pour prendre la base militaire de Kirkouk et toute la ville est désormais entre leurs mains.

Les Kurdes sont la seule force, dans le Nord, capable de résister à l’insurrection sunnite. Nouri al Maliki le sait et s’il veut pouvoir compter avec eux, il le payera au prix fort. Le gouvernement kurde exigera sans doute d’obtenir le droit d’exporter le pétrole extrait sur le sol kurde par les compagnies étrangères via le pipeline construit jusqu’à la frontière avec la Turquie – et bien entendu d’en garder les revenus.

À terme, si le gouvernement de Maliki ne peut pas reprendre les territoires du Nord à l’insurrection, les Kurdes, n’ayant alors plus aucune continuité territoriale avec le pouvoir central, pourraient être tentés de se détacher définitivement de l’Irak.

Que signifierait une partition de l’Irak pour les chrétiens ? 

Les chrétiens sont des victimes du conflit en Irak de ces onze dernières années. Minoritaires dans ce pays, ils n’ont pas de territoire à eux, sinon des villages dans la province de Ninive. La population chrétienne vivait surtout dans les villes, Bagdad, Bassora, Kirkouk, Mossoul, etc.

Elle est retournée massivement dans les villages chrétiens, à la faveur de la guerre. Ces dernières années, beaucoup se sont réfugiés au Kurdistan d’Irak. D’autres ont préféré quitter définitivement la région.

Onze ans d’instabilité et de chaos

 9 avril 2003 Renversement du président Saddam Hussein suite à une intervention militaire américano-britannique depuis le 20 mars.
28 juin 2004 Transfert du pouvoir au gouvernement irakien.
30 janvier 2005 Premières élections multipartites boycottées par les sunnites. Le 6 avril, le Kurde Jalal Talabani est élu président. Il sera réélu en 2006
15 octobre 2005 Adoption par référendum d’une nouvelle Constitution fédéraliste consacrant l’autonomie du Kurdistan irakien.
22 février 2006 Le dynamitage d’un mausolée chiite à Samarra ouvre un conflit confessionnel qui tuera des dizaines de milliers de personnes entre 2006 et 2008.
20 mai 2006 Le chiite Nouri Al Maliki forme un gouvernement d’union nationale.
22 mai 2011 Fin de la présence militaire britannique, suivie,le 18 décembre, du départ des derniers soldats américains.
2 au 4 janvier 2014 Des djihadistes de l’EIIL et des membres de tribus hostiles au gouvernement prennent Falloudja, à moins de 100 km de Bagdad, et des quartiers de Ramadi.
30 avril La coalition de Nouri Al Maliki ne parvient pas à réunir une majorité claire à l’issue d’élections législatives.

Agnès Rotivel
http://www.la-croix.com/
12/6/14

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Questa voce è stata pubblicata il 14/06/2014 da in Actualité, Société, Culture, FRANÇAIS con tag .

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