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Boko Haram et corruption au Nigeria


Boko Haram : pas seulement le Nigeria, pas entièrement l’Islam

De Boko Haram, le groupe terroriste qui continue à frapper de façon cruelle au Nigeria, enlevant des enfants et tuant à l’aveuglette, Mgr Matthew Hassan Kukah, évêque du diocèse de Sokoto, est désormais un expert. Son diocèse se trouve lui aussi sous le coup de cette lourde et constante menace. Le diocèse de Sokoto, ville qui fut le siège du Califat du même nom, s’étend sur plus de 100 000 km2, couvrant quatre états de la République fédérale du Nigeria ; il a une population de 12 millions d’habitants, qui compte 5% de chrétiens, dont 60 000 catholiques.

Monseigneur, voyez-vous un rapport entre la situation de pauvreté générale et de débâcle économique du pays et la naissance et l’expansion d’un mouvement terroriste comme Boko Haram ?

Boko_Haram_BurningsLa thèse d’un lien de cause à effet entre pauvreté et emprise sur la population d’un message fanatique et violent est très répandue. Et pourtant la pauvreté peut être une condition nécessaire, mais certes non suffisante pour expliquer Boko Haram. Ce groupe terroriste, en effet, a été suscité non par des pauvres, mais au contraire par des gens qui avaient accès à d’importantes ressources économiques. Ce n’est pas une question de pauvreté : aujourd’hui, les affiliés de Boko Haram sont de jeunes musulmans qui ont voyagé dans de nombreuses régions du monde musulman. Ils appartiennent à des familles très privilégiées, comme on peut le déduire du cas du terroriste qui voulait faire exploser l’avion pour les États-Unis à la Noël 2009 : son père est l’un des hommes les plus riches du Nigeria. Donc, ce n’est pas une question de pauvreté, mais de radicalisation de la société musulmane : beaucoup de jeunes musulmans du Nigeria entrent en contact avec d’autres musulmans à travers des pèlerinages en des lieux où al-Qaeda et d’autres mouvements extrémistes prévalent. Ces gens viennent au Nigeria et sont largement responsables de la situation que nous vivons maintenant.

Donc, Boko Haram n’est que partiellement un problème interne au Nigeria. Peut-on quantifier les influences externes ? Pourquoi le Nigeria ne parvient-il pas à contrôler efficacement ses frontières ?

Il y a beaucoup de corruption au Nigeria: corruption dans la bureaucratie, corruption au sein de l’armée, corruption dans les services de contrôle de l’immigration, trop de délinquants paient pour entrer au Nigeria. Si l’on considère le Nigeria septentrional, on peut observer qu’il y a d’énormes territoires où l’on peut se déplacer librement, notamment parce qu’au Tchad, au Niger et dans des zones du Soudan, les gens sont libres de se déplacer sous le couvert de la religion. De surcroît, au Cameroun et au Nigeria, on parle la même langue, de sorte que l’on ne distingue pas qui est criminel et qui ne l’est pas. Personne ne sait le nombre précis, mais de toute évidence un pourcentage important des personnes impliquées dans Boko Haram ne sont pas nigérianes. Il y a des gens qui arrivent de nations différentes : Mali, Somalie, jeunes musulmans en quête d’action, spécialement après l’effondrement du régime en Libye. Ceci est une partie du problème : il n’est pas suffisant d’affronter Boko Haram si l’on n’a pas le contrôle des frontières. Boko Haram se finance avec le trafic de stupéfiants, par des attaques criminels contre les banques, ils pratiquent le vol à main armée et font même recours aux séquestres de personnes, principalement des blancs, étrangers, ouvriers du bâtiment. Grâce à ces enlèvements ils obtiennent de grandes sommes d’argent, parce qu’ils ont toujours trouvé des familles prêtes à payer des millions de dollars. Ce sont ces éléments criminels qui financent Boko Haram, c’est une question de criminalité, non d’Islam.

À propos d’enlèvements, le monde entier a été traumatisé par celui de centaines de jeunes étudiantes nigérianes; la campagne médiatique #BringBackOurGirls s’est répandue comme une épidémie, impliquant des personnalités diverses. Comment a-t-on perçu cette mobilisation, au Nigeria ?

Dans notre église aussi, nous avons célébré une messe et nous sommes allés dans la rue, mille cinq cents fidèles, pour dire « bring back our girls, ramenez nos filles à la maison ». Nous avons donc nous aussi participé à la campagne. L’église catholique au Nigeria a indiqué un jour où chaque diocèse, chaque église qui le pouvait, a organisé une heure de prière pour les jeunes filles. La campagne est quelque chose qui a soulevé beaucoup d’intérêt autour du Nigeria. Quant à son efficacité, on peut l’observer à deux niveaux. On a pu hausser la barre de la portée de la campagne lorsque des personnalités comme Michelle Obama, David Cameron, des acteurs et des actrices ou des individus d’un profil élevé ont commencé à y adhérer, attirant l’attention internationale. Après quoi Obama a dit que les Américains étaient en train de venir au Nigeria, les Israéliens sont en train de venir, les Français sont en train de venir, les Anglais sont en train de venir. On peut considérer cela comme un résultat de la campagne. Le second point est que nous n’avons qu’une connaissance partielle de l’efficacité de la campagne, parce que nous ne savons pas si les Américains eux-mêmes avec leurs instruments sophistiqués et l’intelligence internationale, pourront ramener les jeunes filles à la maison, parce qu’il est clair maintenant qu’on les a séparées et qu’elles ne sont plus toutes au même endroit.

Si l’on ne peut s’attendre à ce que ce soient l’intelligence ou les militaires qui libèrent les jeunes filles, la voie des négociations avec Boko Haram reste-t-elle ouverte ?

Je crois que le débat au Nigeria porte sur la question du dialogue avec Boko Haram. Ceux-ci affirment être prêts à la négociation mais ils disent aussi qu’une partie du problème, c’est que le gouvernement nigérian n’a pas confiance en eux pendant les discussions. Il y a trois points critiques. Boko Haram dit : « Nous demandons le dialogue, mais nous voulons trois choses. 1) libérez nos membres emprisonnés, 2) dédommagez-nous, reconstruisez les mosquées et les maisons qui ont été détruites », et enfin, ils accusent le gouvernement d’avoir arrêté certains de leurs membres qui s’étaient proposés pour négocier. Si le gouvernement n’accepte pas ces conditions, Boko Haram ne commencera pas la négociation. Il est évident qu’avec un peu plus de subtilité, et avec un peu plus de désinvolture de la part du gouvernement, je pense qu’il y aurait une probabilité d’avoir quelque type de négociations informelle. Mais à présent, Boko Haram a dit que les négociations ne l’intéressent plus, probablement à cause de la frustration de certains membres de la communauté musulmane qui s’étaient exposés et avaient pris part aux négociations, mais sont ensuite revenus en arrière en pensant que le gouvernement n’était pas sérieux. L’ex-président Obasanjo a été le premier à rencontrer Boko Haram, et il est encore en contact avec eux. Malheureusement, pour quelque étrange raison, il semble que le président actuel ne soit pas en train de coopérer avec lui. Obasanjo a rencontré des émissaires de Boko Haram, et après la rencontre, il a affirmé qu’il n’était pas sûr que les jeunes filles puissent revenir chez elles. Mais il a aussi affirmé que le gouvernement fédéral n’a pas publiquement reconnu le rôle qu’il avait joué et ne lui a pas dit de continuer. Nous devons donc considérer aussi ces aspects liés à la politique intérieure.

On ne peut donc s’attendre à ce que la solution du « problème Boko Haram » puisse venir des policies du gouvernement ?

Nous devons avant tout comprendre que depuis le 11 septembre et jusqu’à présent, les États-Unis sont en train de combattre le terrorisme, avec tous les moyens sophistiqués dont ils disposent. Dans toute l’Europe, on est en train de se protéger et l’absence d’attentats à Londres, New York ou Paris est le résultat efficace des mesures et contre-mesures lancées par les États-Unis, non certes du fait que les terroristes, de leur propre choix, se seraient rendus. Donc, pour une nation comme le Nigeria, avec toute son extension, nous devons accepter qu’il n’existe pas de solutions simples. À condition que les hommes politiques nigérians soient disposés à ne pas s’enliser dans les disputes politiques, on pourrait obtenir un peu de répit, parce qu’une partie de la discussion avec Boko Haram incluait, à ce que j’ai compris, une période de cessez-le-feu que Boko Haram semblait prêt à concéder avant que la discussion ne s’interrompe. Une partie du problème donc est que ni le gouvernement, ni personne d’autre, ne semble en mesure de charger des personnes suffisamment crédibles pour jouer le rôle de médiateurs. C’est là, selon moi, la question cruciale.

Claudio Fontana | mardi 15 juillet 2014

http://www.oasiscenter.eu/fr

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Questa voce è stata pubblicata il 19/07/2014 da in Actualité, Société, Culture, FRANÇAIS con tag , , .

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