COMBONIANUM – Formazione e Missione

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Abandon et confiance

Abandon et confiance
Par Jacques Gauthier

La confiance qui conduit à l'amour

“L’abandon, ce fruit délicieux de l’amour”, disait Thérèse de Lisieux. L’abandon est beaucoup plus qu’un simple lâcher-prise. Le croyant se remet entre les mains de Quelqu’un qui le connaît, qui l’aime, et cet abandon est cause d’une grande joie. S’il aime Dieu pour combler un vide intérieur, Dieu l’aime toujours pour lui partager sa plénitude. Il n’est qu’amour, et cet océan de beauté, sans fond et sans âge, n’a pas de limites. En se fiant à lui, nous nous abandonnons librement à son amour créateur. Dieu ne peut donner que son amour.

Fragilité de l’amour

Le fidèle s’abandonne dans le silence d’une prière de pauvre pour y rencontrer la solitude de son être. Dieu l’attend dans cet abandon confiant, ressenti parfois comme un manque, comme une blessure. La fragilité n’est pas un obstacle à cet appel de l’infini d’un amour. « Lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort » (2 Corinthiens 12, 10). Elle devient un moyen de nous offrir totalement à l’amour du Père, du Fils et de l’Esprit. Il s’agit beaucoup plus de descendre dans nos faiblesses et pauvretés que de monter vers Dieu par nos mérites et nos vertus.

Le bon grain et l’ivraie continuent à pousser durant la nuit. Ainsi, Dieu nous fait grandir de jour comme de nuit. Il tient notre être dans sa main, le place près de son cœur, sans jamais forcer la liberté. S’endormir dans cette foi confiante en l’inouï de sa présence, c’est lui confier nos fragilités. Il n’y a pas de rendez-vous manqué avec lui. Notre sommeil devient offrande, insomnies ou pas. « Je dors, mais mon cœur veille » (Cantique des Cantiques 5, 2).

La confiance qui conduit à l’amour

Nous avons besoin de confiance pour que la foi règne dans les échanges. Les racines latines du mot foi, fides, et du verbe croire, credere, expriment l’idée de confiance. On met sa confiance en quelqu’un, en quelque chose ; on se confie, on se fie à un autre que soi. Et cela commence très tôt. Le petit enfant s’éveille normalement à la vie grâce à la confiance qu’il développe envers sa mère, son père, les personnes qui l’entourent. Comment s’épanouir si on ne croit pas en soi et en les autres, si on ne fait pas confiance ?

George Sand écrivait à Marie-Sophie Leroyer de Chantepie, le 4 janvier 1873: « Toute religion qui n’aboutit pas à la confiance nous enseigne la peur de Dieu, c’est-à-dire la haine du vrai ». Le 17 septembre 1896, la petite Thérèse écrit un peu la même chose à soeur Marie du Sacré-Coeur: “C’est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l’Amour”.

La peur constitue un manque de confiance. Lorsqu’elle est projetée sur Dieu, elle fait de lui une idole ou un reflet de nous-mêmes. Ce n’est pas l’expérience d’Etty Hillesum, Juive d’Amsterdam morte en novembre 1943 à Auschwitz à l’âge de vingt-neuf ans, dans le don d’elle-même. Elle découvre qu’elle peut converser avec Dieu en tout temps: “Cette conversation avec toi, mon Dieu, commence à me redonner un peu de calme. J’en aurai beaucoup d’autres avec toi dans un avenir proche, t’empêchant ainsi de me fuir. Tu connaîtras sans doute aussi des moments de disette en moi, mon Dieu, où ma confiance ne te nourrira plus aussi richement, mais crois-moi, je continuerai à œuvrer pour toi, je te resterai fidèle et ne te chasserai pas de mon enclos (Une vie bouleversée).

Jésus demeure le modèle par excellence de l’abandon confiant. Il donne sa vie librement, personne ne la prend. Il aime les siens jusqu’à la fin, faisant de la souffrance un chemin d’offrande. Il s’en remet à son Père, comme l’enfant qui se sait aimé : « Père, entre tes mains je remets mon esprit » (Luc 23, 46). Cette logique intime de la confiance est la signature même du Dieu des chrétiens. C’est pourquoi la mort ne pouvait pas retenir son corps.

Dix-neuf siècles plus tard, Charles de Foucauld méditera la parole d’abandon de Jésus sous forme d’une prière sublime, pleine de vie :

Mon Père, je m’abandonne à toi ; fais de moi ce qu’il te plaira. Quoi que tu fasses de moi, je te remercie. Je suis prêt à tout, j’accepte tout. Pourvu que ta volonté se fasse en moi, en toutes tes créatures, je ne désire rien d’autre, mon Dieu. Je remets mon âme entre tes mains ; je te la donne, mon Dieu, avec tout l’amour de mon cœur, parce que je t’aime, et que ce m’est un besoin d’amour de me donner, de me remettre entre tes mains sans mesure, avec une infinie confiance, car tu es mon Père.

Des extraits de ce texte sont tirés de mon “Petit dictionnaire de Dieu”.

Jacques Gauthier

http://www.jacquesgauthier.com
12 Mai

 

 

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Questa voce è stata pubblicata il 17/05/2015 da in Foi et Spiritualité, FRANÇAIS con tag , .

San Daniele Comboni (1831-1881)

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