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Élections et tribalisme : DANGER !

L’Afrique sub-saharienne est loin d’être libérée du tribalisme

Burundi, Révolte


A chaque élection, le spectre du tribalisme réapparaît avec force et trouble les électeurs dans leurs décisions. Il ne s’agit cependant pas de fustiger ici les citoyens africains. Il faut reconnaître qu’il a fallu quelques siècles pour en arriver aux états-nations en Europe et que celle-ci n’est pas encore totalement libérée de réflexes régionaux ou même tribaux. Il suffit d’évoquer la Belgique avec ses Flamands et ses Wallons, et la France avec ses Corses, ses Basques, ses Bretons et, dans une moindre mesure, ses Alsaciens. Ces appartenances ne sont pas sans effets sur certains choix politiques.

Il faut dire qu’en Afrique, tout est fait pour maintenir les réflexes tribaux de la part de nombreuses personnes au pouvoir comme des hommes politiques.

C’est particulièrement inquiétant ces derniers temps dans les pays des Grands Lacs. Ces lacs baignent entre autres le Kenya, l’Ouganda, la Tanzanie, la RD Congo, le Rwanda et le Burundi. Plusieurs de ses pays ont des échéances électorales plus ou moins proches (présidentielles, parlementaires, locales…) En ce qui concerne les gouvernants, sans vouloir généraliser, on constate la façon dont certains s’enrichissent au détriment de la population, se construisent des villas tape à l’œil, roulent en cylindrées ostentatoires, envoient leur jeunesse étudier en Europe, planquent leurs revenus illicites dans des paradis fiscaux. Tout cela souvent avec une forte référence tribale et au vu et au su de la population, sans vergogne et en toute impunité. Quant aux politiciens, dès l’approche d’une élection, certains se souviennent soudain de leur région d’origine et parcourent les villages lointains pour promettre monts et merveilles à ceux et celles qui voteront …pour eux. On constate parfois qu’effectivement ce sont les territoires d’origine de certains ministres qui sont les mieux lotis en termes de routes, d’écoles, de dispensaires, etc… Moralité : tâche d’avoir un cousin au pouvoir si tu cherches du boulot…

On perçoit aussi une certaine nervosité de la part de certains présidents sortants.

Que ce soit eux-mêmes ou leur parti, il y a une forte propension à changer ou à réinterpréter d’une certaine façon la constitution afin de rester au pouvoir. Il existe diverses méthodes qui vont de la milice privée aux trafics d’influence ou à l’organisation de pétitions en vue de modifier la constitution. On entend souvent dire que les Grands Lacs ne sont pas le Burkina Faso, faisant référence à la façon dont la rue vient de chasser le président sortant en mal de réélection illégale. Effectivement, chaque pays est unique. Et, dans ce domaine, il faut éviter tout amalgame et se garder de suspecter à priori ceux qui ne se sont pas encore prononcés. Cependant, la dimension tribale est parfois déterminante dans ces diverses tentatives et tractations. Espérons que les troubles au Burundi ne vont pas se généraliser dans la sous-région, à travers les milliers de réfugiés qui fuient les violences.

Y aurait-il une alternative ?

On évoque la société civile et les Eglises, qui ne sont cependant pas totalement exempts de ces appartenances parfois meurtrières… Mais les populations évoluent et dans les centres urbains, une élite intellectuelle n’accepte plus de se laisser berner pas de fausses promesses. Il y a de plus en plus de jeunes diplômés qui ont fait l’université ou une grande école ou qui ont étudié à l’étranger. Ils ont vu comment fonctionnent d’autres démocraties, même si aucune n’est parfaite. Leur maturité m’a frappé lorsque j’ai fonctionné comme observateur lors des dernières élections en R D Congo. Il y a aussi l’accès à l’internet et aux réseaux sociaux, qui passionnent cette génération. Mais l’exemple d’en haut pèse très lourd à cause de l’impunité. Certaines disent, de façon désabusée : « de toute façon ceux qui veulent remplacer ceux qui sont en place n’ont qu’une seule ambition, prendre leur fauteuil pour pouvoir enfin se procurer leur part du gâteau ».

D’où l’importance de l’engagement des Eglises dans l’éducation du citoyen à propos de la notion de bien commun – qui semble quasi inconnue.

Il existe la nécessité de dépasser les dépendances tribales pour favoriser les compétences… et un vrai programme politique de bonne gouvernance au service de l’ensemble du peuple. On parle beaucoup de parité homme-femme, on l’applique parfois, et certains pensent que la présence des femmes à des postes de gouvernance pourrait inverser la tendance et réduire le pillage. En tout cas, les enjeux sont là et le populisme – qui tente aussi certains peuples européens – doit être dépassé pour qu’une démocratie soucieuse du bien de chacun se mette en place. De toute façon tant qu’on n’aura pas trouvé une solution à la violence structurelle dont souffrent les masses – non accès au logement, à l’éducation, aux soins, à l’alimentation, à l’habillement, au travail – celles-ci ne pourront pas faire confiance à une quelconque promesse politique, de quelque bord elle provienne.

Les Eglises peuvent s’interroger sur la qualité de l’éducation fournie dans leurs institutions quand elles constatent qu’un bon nombre de profiteurs des divers régimes en sont sortis…

Comment encourager un réel dévouement politique dans un esprit évangélique ? Le pape Benoît XVI écrivait dans l’exhortation apostolique Africae Munus au § 128 : « Je souhaite de tout cœur que les laïcs qui ont des responsabilités d’ordre politique, économique et social, s’arment d’une solide connaissance de la Doctrine sociale de l’Église qui fournit des principes d’action conformes à l’Évangile. En effet, ils sont des « ambassadeurs du Christ » (2 Co 5, 20) dans l’espace public, au cœur du monde ».

Quant au Pape François, il écrit dans La joie de l’Evangile : « C’est gênant de parler d’éthique, de solidarité, de distribution de biens, de défense des emplois, de dignité des faibles, d’un Dieu qui exige un engagement pour la justice » (203), et il ajoute « la politique tant dénigrée est une vocation noble et une des formes les plus précieuses de la charité car elle cherche le bien commun » (205). Dont acte.

Bernard Ugeux

publié le 13/05/2015

http://www.lavie.fr/

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Questa voce è stata pubblicata il 07/06/2015 da in Actualité, Société, Culture, FRANÇAIS con tag , , .

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