COMBONIANUM – Spiritualità e Missione

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FP.fr 12/2015 Le vrai visage de Dieu

FP Français 12/2015
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LE VRAI VISAGE DE DIEU

LE VRAI VISAGE DE DIEU
Maurice Zundel

Rien ne me paraît plus saisissant que ce rapprochement, qui est emprunté d’ailleurs à la liturgie: «Adam a voulu se faire Dieu et il s’est trompé, il ne l’est pas devenu et maintenant Dieu se fait homme pour faire d’Adam un Dieu.» Donc dans l’Ancien Testament, le péché suprême, le péché originel, c’est l’ambition de se faire Dieu. Dans le Nouveau Testament, l’intention première de Dieu, c’est de se faire homme pour faire de l’homme un Dieu.

Impossible d’exprimer mieux l’écart entre les deux Testaments, impossible de nous faire mieux sentir que les hommes qui ont écrit la Genèse, qui ont écrit le premier récit des origines, étaient finalement loin de connaître le véritable esprit de Dieu. Ils ont vu Dieu à leur manière, ils ont vu Dieu comme une puissance jalouse de ses droits et qui va punir du dernier châtiment l’homme qui essaie de lui ravir sa primauté. Dans le Nouveau Testament, au contraire, c’est là justement l’intention première de Dieu de se communiquer et de faire de l’homme un dieu. […]

C’est ainsi que l’humanité avant Jésus Christ, malgré tous ses efforts et bien qu’elle marche à la rencontre du Christ, ne pouvait pas, avant la Révélation qui est Jésus Lui-même, se faire du visage de Dieu une représentation véritable.

Il est donc absolument impossible de lire la Bible, de lire l’Ancien Testament sans oublier que nous sommes dans le tunnel. Il ne faut donc pas lire le Nouveau Testament à travers l’Ancien, mais bien l’Ancien à travers le Nouveau. Et cela change tout! […]

Rien n’est plus catastrophique que d’oublier cette distance entre l’Ancien et le Nouveau Testament et l’impossibilité pour l’homme avant Jésus Christ d’avoir de Dieu une révélation parfaite. N’oubliez pas que, dans l’Ancien Testament, ce n’est guère qu’au premier siècle avant notre ère que l’on commence à être sûr d’une vie éternelle. Jusque-là, on ne concevait les récompenses et les châtiments que dans la vie terrestre, la prospérité étant le signe de la bénédiction et le désastre et le malheur le signe de la malédiction.

On n’envisageait pas, au moins couramment, que la vie éternelle est une vie auprès de Dieu. On ne connaissait pas la vie éternelle et tout se passait dans une fidélité à une loi qui promettait une récompense terrestre. […]

Il est donc nécessaire que nous relisions toujours l’Ancien Testament à travers le coeur de Jésus Christ et que nous n’acceptions jamais, comme disait François dont le père Valensin a écrit la vie, de donner à Dieu un visage que nous ne voudrions pas avoir.

Comment a-t-on pu présenter l’enfer comme une rôtissoire inventée par Dieu, où Dieu plonge éternellement des créatures misérables qui sont dans d’épouvantables gémissements? Il est clair que l’enfer peut être vu à différents niveaux et que l’enfer répond d’une manière générale à cette idée, à cette certitude qu’il y a une différence entre le bien et le mal, que par conséquent le bien et le mal ne peuvent pas aboutir au même résultat. Et cette idée profondément juste, il ne faut pas l’affaiblir, tout au contraire! Il faut constamment souligner que le bien et le mal sont différents et qu’ils ne peuvent avoir la même issue. Encore ne faut-il pas oublier que, dans le Nouveau Testament, le Bien est Quelqu’un à aimer et qu’il faut devenir le Bien, ce qui fait déjà une immense différence, comme le mal est une blessure faite à Quelqu’un, et non pas d’abord la violation extérieure d’une loi extérieure à nous-mêmes. […]

Mais il y a une autre conception de l’enfer, qui est la plus terrible pour un coeur qui aime, et c’est celle qui est représentée à Notre-Dame de Paris dans le grand tympan du portail central. […] Le Jugement dernier, ce sont les morts, les morts qui se lèvent du sépulcre, puis qui se rendent en cortège vers leur destin, les bons vers le ciel, les méchants vers l’enfer et, tout au sommet de la scène, il y a Jésus: Jésus est assis entre les anges qui tiennent les instruments de la Passion: la lance, la croix, l’éponge, les clous, la couronne d’épines, et Jésus montre ses plaies, Il montre ses plaies.

Voilà le Jugement dernier: «Je les aime, je les aime jusque-là, je les aime jusqu’à la mort de moi-même, je les aimerai toujours; éternellement, je les aimerai. S’il y en a qui sont perdus, ce n’est pas moi qui les perds, ce n’est pas moi qui les rejette, ce sont eux qui me crucifient.» Voilà l’enfer du mystique, l’enfer qui a fait jaillir les larmes de saint François, qui l’a attaché à la Croix, qui l’a fait pleurer jusqu’à en perdre la vue sur la douleur de Dieu et qui a fait de lui cette croix vivante qui porte les blessures de l’Éternel Amour.

Et c’est ça l’enfer chrétien: un Dieu crucifié en nous si nous refusons de L’aimer, éternellement crucifié en nous si nous refusons éternellement de L’aimer. Alors le jugement, ce n’est plus le jugement de l’homme par Dieu, c’est le jugement de Dieu par l’homme.

«La Lumière luit dans les ténèbres, elle luit toujours, les ténèbres ne la reçoivent pas; Il est dans le monde et le monde a été créé par Lui et le monde ne Le connaît pas. Il vient chez les siens et les siens ne Le reçoivent pas. Et le jugement, c’est que la Lumière vient dans le monde et les hommes préfèrent les ténèbres à la Lumière.»

Il ne s’agit donc plus de trembler pour notre salut, mais de trembler pour la crucifixion de Dieu. Nous ne risquons rien du côté de Dieu. Comment est-ce qu’une mère pourrait être autre chose que mère? Est-ce qu’une mère va supplicier son enfant? Non, elle va prendre sa place. Est-ce que Dieu est moins mère, moins mère qu’une mère humaine, quand elle est parfaite? C’est impossible, Il est infiniment plus mère que toutes les mères. Nous ne risquons rien du côté de Dieu, c’est Lui qui risque tout de notre côté, car nous pouvons nous fermer, nous pouvons nous refuser, nous pouvons nous distraire, nous pouvons nous absenter et Il est sans défense contre nous.

Et c’est pourquoi le chrétien est déchargé du souci de son salut: il ne s’agit pas de se sauver mais de sauver Dieu de nous, de sauver Dieu de nos ténèbres, de nos limites, de nos refus, de nos absences, de nos distractions, afin, comme dit saint Paul, de ne pas éteindre l’Esprit. Dieu est Amour. Dieu n’est qu’Amour. Il ne peut qu’aimer et quand l’amour n’est pas aimé, il meurt. C’est ce que Dieu fait. N’importe qui peut Le tuer et c’est pourquoi Graham Greene a pu dire dans La Puissance et la Gloire: «Aimer Dieu, c’est vouloir Le protéger contre nous-mêmes. Aimer Dieu, c’est vouloir Le protéger contre nous-mêmes…»

Voyez: on a tout empoisonné quand on a fait du christianisme la religion du salut de l’homme, quand on a fait cet épouvantable calcul de mettre ses bonnes oeuvres à la caisse d’épargne pour en toucher la récompense avec intérêts composés. C’est abject! C’est justement parce que le Bien, c’est Quelqu’un, parce que le Bien, c’est le don de soi, parce que le bien, c’est un mariage d’amour, qu’un mariage ne peut être un calcul sans être un faux mariage. Il s’agit d’aimer Dieu pour Lui-même, de L’aimer en se perdant de vue, de L’aimer pour Lui donner en nous un espace où Il puisse répandre sa Vie, une transparence où Il puisse révéler son Amour. Impossible de faire avec Lui un calcul et un échange de maquignon.

C’est là le visage pascal de Dieu. Que l’on admette pédagogiquement pour les être primitifs — et nous pouvons nous-mêmes être des êtres primitifs à certains moments — que l’on admette provisoirement et pédagogiquement la peur, la crainte, soit. Que l’on entre dans les anxiétés de Lady Macbeth, qu’on soit dévoré de scrupules en s’entortillant dans ses propres fautes, soit encore. Mais que l’on ne donne pas à Dieu ce Visage que nous ne voudrions pas avoir. Le Visage de Dieu ne peut être que le visage de la mère qui se substitue à son enfant pour être frappée à sa place.

Et le véritable enfer, c’est, justement, que l’Amour soit crucifié par ce refus d’amour dont nous pouvons être la source.

C’est pourquoi nous allons nous mettre à l’école de saint François, le grand compatissant et, en le voyant tout identifié avec l’Amour Crucifié jusqu’à devenir cette voix vivante qui porte les stigmates de Dieu, nous demanderons de sauver Dieu de nous-mêmes, de ne jamais poser volontairement une limite à sa Grandeur, nous souvenant justement que c’est Dieu qu’il faut sauver de nous et non pas nous de Dieu, et qu’aimer Dieu, c’est vouloir Le protéger contre nous-mêmes.

Tiré de Silence, Parole de vie, Éditions Anne Sigier, 1990, p. 67-73.

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Questa voce è stata pubblicata il 01/12/2015 da in Article mensuel, FRANÇAIS con tag , .

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Combonianum è stato una pubblicazione interna di condivisione sul carisma di Comboni. Assegnando questo nome al blog, ho voluto far rivivere questo titolo, ricco di storia e patrimonio carismatico.
Il sottotitolo Spiritualità e Missione vuole precisare l’obiettivo del blog: promuovere una spiritualità missionaria.

Combonianum was an internal publication of sharing on Comboni’s charism. By assigning this name to the blog, I wanted to revive this title, rich in history and charismatic heritage.
The subtitle
Spirituality and Mission wants to specify the goal of the blog: to promote a missionary spirituality.

Sono un comboniano affetto da Sla. Ho aperto e continuo a curare questo blog (tramite il puntatore oculare), animato dal desiderio di rimanere in contatto con la vita del mondo e della Chiesa, e di proseguire così il mio piccolo servizio alla missione.
I miei interessi: tematiche missionarie, spiritualità (ho lavorato nella formazione) e temi biblici (ho fatto teologia biblica alla PUG di Roma)

I am a Comboni missionary with ALS. I opened and continue to curate this blog (through the eye pointer), animated by the desire to stay in touch with the life of the world and of the Church, and thus continue my small service to the mission.
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