COMBONIANUM – Spiritualità e Missione

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Une heure et demie avec François.

J’ai eu la chance de faire partie d’un petit groupe de catholiques français reçus par le pape, le 1er mars, dans sa résidence privée de Sainte-Marthe. Morceaux choisis et réflexions.

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Je vous propose, dans un premier temps, le compte-rendu que j’ai rédigé au soir de cette journée exceptionnelle. C’est une version, légèrement plus longue que celle qui est parue dans notre édition papier le jeudi 3 mars.
J’y ajouterai, ensuite, quelques réflexions personnelles sur le fonctionnement des médias… et je terminerai par une “petite pépite”

Europe, laïcité, argent… le pape François se confie

Éloge de l’Europe, France fille « infidèle » de l’Église, idole de l’argent… Les mouvements « Poissons roses » et Esprit civique ont longuement rencontré le pape mardi. Un entretien exceptionnel.

Des Poissons roses… d’émotion. Une délégation d’une trentaine de membres ou sympathisants de ce courant de pensée, original à gauche, a échangé en toute liberté, mardi après-midi, durant une heure et demie avec François, sur l’Europe, la France et la politique.
Le pape argentin les a reçus à bras ouvert dans sa résidence privée de Sainte-Marthe. Du jamais vu. Une lettre envoyée, le 22 octobre, par Philippe de Roux, fondateur des Poissons roses, est à l’origine de ce moment rare.
Un entretien exclusif auquel participaient Ouest France et l’hebdomadaire La Vie.

Qui êtes-vous ?

François est là, souriant, attentif aux questions, dans son salon. « Je ne sais pas très bien qui vous êtes, ni pourquoi vous venez, mais mon ami “mafieux”, le cardinal Barbarin (archevêque de Lyon) m’a dit de vous recevoir, parce que vous êtes des gens bien. »
Le ton était donné.
« Pourquoi vous appelez-vous les Poissons roses ? », demande le pape. « Les poissons glissent, et on peine à les mettre dans une case. C’est aussi le symbole des chrétiens, et le rose, la couleur de la gauche. », répond Phillipe de Roux.

Sortir de soi-même

D’entrée, François revient sur un thème qui lui est cher. « On voit mieux le monde depuis sa périphérie plutôt qu’à partir de son centre. » Une périphérie qui n’est pas seulement géographique, mais également humaine, quand elle concerne « la pauvreté ou la maladie ».
Le pape invite à « sortir de soi-même », pour rencontrer l’autre en « vérité », qui devient alors ce « visage », un concept cher au philosophe Emmanuel Levinas.

La bonne mondialisation

A une question sur la mondialisation, le pape répond qu’elle peut être bonne ou mauvaise.
Il compare la seconde à une « sphère », où « tout le monde est à égale distance du centre » au risque de l’uniformité.
Et la « bonne » à un « polygone » où chacun conserve son « identité », qui fait sa « richesse ». « Être clair dans son appartenance », c’est, selon François, la « condition sine qua non de tout dialogue ».

Éloge de l’Europe

Dans cet esprit, le pape, qui était venu au parlement européen, à Strasbourg, en novembre 2014, n’hésite pas à dire que « le seul continent capable d’apporter une certaine vérité au monde, c’est l’Europe ». Mais il « doit faire un effort pour récupérer ses racines culturelles qui ont été essaimées dans d’autres régions du monde ».
« Le problème », sourit-il, « c’est que la mère Europe est devenue une grand-mère ». « Être mère, cela veut dire avoir des enfants. En Italie, en Espagne, on est à un niveau de 0 % ». « Si la France fait mieux », au plan de la natalité, c’est grâce à des « lois de protection sur la famille », et de louer au passage les allocations familiales.

La France, fille aînée et infidèle

Et la France, qu’il avoue ne pas bien connaître, même s’il la juge « séduisante, au bon sens du terme » ? « C’est la fille aînée de l’Église, mais, comme disent les Espagnols, ce n’est pas la plus fidèle. »
En revanche, François reconnaît qu’il a toujours suivi le courant jésuite français dans la lignée de Pierre Fabre. « Mon sang est piémontais, mais ma spiritualité est française. »
Il glissera, un peu plus tard, sur le ton de la confidence, que ses deux théologiens de référence sont les Français Henri de Lubac et Michel de Certeau.
Il souligne la « forte tradition humaniste » en France et cite Emmanuel Mounier, Emmanuel Levinas et Paul Ricœur.

« La France n’est pas assez laïque »

La France a inventé le concept de laïcité et c’est « sain », juge François. « Mais ne le dites pas trop, sinon… », ajoute-t-il en faisant le geste de se trancher la gorge.
« De nos jours, un État doit être laïque, mais une laïcité qui permet une ouverture à la transcendance, qu’elle soit religieuse ou philosophique. »
Et de déplorer que la France ait parfois tendance, selon lui, à appliquer la laïcité selon « la philosophie des Lumières qui considère toute religion comme une sous-culture ». Pour dépasser « cette approche », dit-il, « la France doit être encore plus laïque ».
Mais le pape ne dira rien sur un voyage en France qui se situera, vraisemblablement, après la présidentielle de 2017. En partant, je lui ai demandé s’il comptait venir dans l’Ouest où nous serions heureux de l’accueillir au Mont Saint-Michel ou à Lisieux, il m’a simplement répondu : “J’aime beaucoup la petite Thérèse ?” Faut-il y voir un indice ?…

Et la politique ?

Les trois députés membres d’Esprit civique : Monique Rabin (PS, Loire-Atlantique), Bruno-Nestor Azérot (Gauche démocrate et républicaine, Martinique) et Dominique Potier (PS, Meurthe-et-Moselle) ne pouvaient éluder le désamour qui touche la politique.
Elle peut être, pourtant, selon François, rappelant les mots de Paul VI, « une des expressions les plus élevées de la charité ». Si elle est « mal vue », c’est parce qu’elle est, « plus que d’autres professions plus sensible à la corruption ».
« Ou vais-je trouver des Adenauer, ou des Schuman ? », s’interroge-t-il.
« On confond », selon le pape, « la politique avec le consensus mou ». « Il faut toujours se rendre à la table des négociations, mais à condition d’être conscient que l’on peut perdre quelque chose dans le but de faire gagner tout le monde. »
« Quand la politique refuse d’être au service du bien commun, elle devient otage d’idéologies colonisatrices. L’idéologie, c’est le poison de la politique. »
François invite « la droite et la gauche à définir quelque chose de commun », afin d’éviter toute tentation vers les extrêmes. Il dit entendre à ce sujet de « nouvelles musiques » qu’il qualifie de « signes d’espérance ».

Troisième guerre mondiale

Le pape se fait plus grave quand il aborde cette « troisième guerre mondiale », à laquelle nous sommes confrontés. C’est le résultat d’un « ensemble de « petites guerres » ici et là », dont il attribue la responsabilité aux trafics d’armes.

L’idole de l’argent

Qui est l’ennemi, lui demande-t-on ? « On pourrait en citer plusieurs, comme le narcissisme ou le consumérisme », répond François qui déplace le problème en fustigeant sévèrement « notre système mondial qui a exclu l’humain et installé l’idole de l’argent ».
« J’ai échangé, ajoute-t-il, avec Christine Lagarde, une Française intelligente, sur les liens entre économie, finance et spiritualité », car elle pense que « l’argent doit être au service de l’humanité ».
Voici une bonne question : « Comment subordonner la finance au bien commun ? »

Année de la miséricorde

La question fuse. En cette année de la miséricorde, comment l’Église peut-elle partager sa dimension collective, alors qu’en Europe, les plus pauvres refusent d’intégrer ceux qui sont encore plus malheureux qu’eux ?
« La miséricorde ? », répond François, « si on laisse de côté la dimension religieuse pour le point de vue humain, c’est la capacité à compatir aux catastrophes ».

Le pape se lève et va lui-même chercher de l’eau pour l’interprète.

Il se rassoit et explique les racines hébraïques du mot miséricorde, qui ne « touche pas que le cœur, mais les tripes, ce qui entoure l’utérus. C’est une attitude de mère. »
C’est un mot qui parle, aussi, à Karima Berger, écrivain, musulmane, qui remercie François avec émotion.

Dialogue avec les musulmans

Le pape saisit l’occasion pour souligner « l’importance du dialogue entre musulmans et chrétiens », comme il l’a lui-même expérimenté lors de son voyage en Centrafrique. « J’ai demandé à l’imam si je pouvais prier dans la mosquée. Après son accord, j’ai enlevé mes chaussures, et j’ai prié », raconte-t-il.
« Chaque religion connaît ses extrémismes, ses idéologies déviantes », elles sont à l’origine de la guerre. Lui, prône inlassablement le « dialogue » et annonce une prochaine rencontre avec l’imam de la mosquée Al-Azhar du Caire.

De l’air frais

L’entretien s’achève par une petite pique à l’adresse des Italiens (chacun son tour…), « capables de négocier autour d’une table et, une fois un accord trouvé, de commencer à en chercher immédiatement d’autres… sous la table. »
En prenant congé, François remercie son auditoire pour « l’air frais » qu’il lui a apporté. Il demande que l’on prie pour lui. Et, “si vous ne pouvez pas”, dit-il avec l’humilité d’un grand : « Pensez à moi. En bien. »

04 mars 2016
http://religions.blogs.ouest-france.fr

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Questa voce è stata pubblicata il 05/03/2016 da in Actualité religieuse, FRANÇAIS con tag , , .

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Sono un comboniano affetto da Sla. Ho aperto e continuo a curare questo blog (tramite il puntatore oculare), animato dal desiderio di rimanere in contatto con la vita del mondo e della Chiesa, e di proseguire così il mio piccolo servizio alla missione.
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