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FP.fr 6/2016 Tu m’as appelé par nom.

FP Français 8/2016
Tu m’as appelé par nom.
La vocation personnelle du croyant
Herbert Alphonso, S.J.

La vocation personnelle du croyant

PDF   FP.fr 2016-6 Vocation Personnelle
Word FP.fr 2016-6 Vocation Personnelle

La vocation personnelle

En 1965, pendant ma retraite annuelle, j’ai vécu une expérience spirituelle extraordinaire. Don purement gratuit ; grâce séminale, j’ai découvert mon « Moi vrai », mon « Moi profond », le caractère absolument unique que Dieu m’a donné en « m’appelant par mon nom ». Ce vrai Moi, ce Moi profond ; ce caractère unique donné par Dieu, est ce que j’appelle la « vocation personnelle ». En outre, mon expérience personnelle et mon ministère de l’Esprit m’ont appris que la transformation la plus profonde de toute vie humaine consiste à vivre justement cette « vocation personnelle ».

Il y a ici un thème fondamental qui court à travers le Bible : « appelé par son nom ».

Il y a quelques années ; un jésuite d’âge moyen vint me voir. C’était un ami. il se mit donc à me parler spontanément de sa vie personnelle. Il me confia qu’il ne priait pas depuis plusieurs années : même s’il disait des prières, très rarement ; il ne priait pas vraiment ; reconnut-il ; il était présent seulement physiquement, matériellement. Je lui dit : Dis-moi : « est-ce que, une fois dans ta vie ; tu t’es senti spontanément proche de Dieu ; pas parce que tu avais suivi un processus de raisonnement, mais spontanément, as-tu jamais senti ton cœur s’élever , être en contact avec Dieu ; uni à lui ? ». J’avais à peine formulé la question qu’il dit : « Bien sûr, chaque fois que je regarde mon passé et que je vois comment Dieu a été bon pour moi ; je me sens immédiatement proche de Dieu, en contact avec lui ; uni à lui ». Il était redevenu vivant ; il parlait profondément ému, une lueur dans les yeux. Je l’interrompis : « A t’entendre parler, la bonté de Die semble représenter beaucoup pour toi, as-tu jamais prié sur la bonté de Dieu ? » « Jamais », répondit-il. « D’ailleurs, pendant combien de temps penses-tu que je puisse prier sur la bonté de Dieu ? ». Je répondis doucement : « Tu viens de me dire que tu ne l’as jamais essayé. Si tu l’essayais avant de juger que tu t’en fatiguerais ? » « C’est juste », dit-il et il me quitta. Quatre mois plus tard ce jésuite vient me voir et me confia : « Je peux toujours prier sur la bonté de Dieu ! ». A la fin de son partage, j’étais profondément touché que je lui dis spontanément : « Cher ami ; tu as discerné ta ‘vocation personnelle’ : la bonté de Dieu » !

Secret d’unité et d’intégration au coeur de la vie

Nous aspirons à l’unité dans la vie apostolique. Écrasés, éparpillés, dispersés, on désire pouvoir faire « une seule chose » à fond ! N’est-il vrai que, plus nous nous perfectionnons et mûrissons, plus aussi nous nous simplifions, simplicité qui ne veut dire appauvrissement mais richesse en profondeur.

La prière est l’ouverture de notre cœur en serte que Dieu puisse se donner à nous. Or, où notre cœur s’ouvre-t-il le plus, si ce n’est au fond de notre être où nous sommes le plus profondément affectés, où nous sommes le plus profondément nous-mêmes, là où chacun de nous est unique ? La « vocation personnelle » de ce jésuite, la bonté de Dieu, était en fait devenue pour lui le secret de l’unité et de l’intégration au coeur de sa vie entière.

Mais on pourrait se demander avec raison comment « la bonté de Dieu » peut-elle être absolument unique ; cela semble être si général ! Mais il n’était pas ainsi pour ce jésuite : quand ; en ouvrant la Bible ; ses yeux tombaient sur l’expression « bonté de Dieu », ce n’étaient pas pour lui simplement deux mots importants parmi d’autres mots importants. Non, ils se dressaient en un relief saisissant, tout en flamme, brûlant de sens, parce qu’ils étaient pour lui « esprit et vie » (cf. Jn 6,63). Ce qui est le plus personnel est incommunicable.

Je n’ai pas l’ombre d’un doute quant à la « vocation personnelle » de l’Homme-Dieu, Jésus. Un seul pot l’exprime : « Abba ». Il résume toute sa vie, toute sa mission. Toutes les « vocations personnelles » nous paraissent bien générales ; de même l’Abba de Jésus. Nous aussi nous disons « Abba » mais pour Jésus était quelque chose d’absolument personnel.

La « vocation personnelle » exprimée par des mots peut donc sembler bien générale à ceux qui la lisent ou qui en entendent parler. Mais ce qu’elle signifie toute fois pour l’intéressé est absolument unique.

Ce n’est donc pas une surprise de constater que plusieurs personnes puissent toutes exprimer leur « vocation personnelle » dans les mêmes mots humains inadéquats ; par exemple : « Je suis avec toi ». Mais ces mots signifient pour chacune d’elles est absolument unique.

Sens absolument unique donné à la vie par Dieu

A peu près un an et demi après la découverte de ma « vocation personnelle », j’ai lu pour la première fois le livre de Victor Frankl, L’homme à la recherche d’un sens. Dans ce livre il raconte comment il découvrit sa nouvelle école de psychothérapie : la « Logo-thérapie » dans le camp de concentration nazi d’Auschwitz où il était interné. Il a remarqué que ses camarades de captivité faiblissaient et mourraient physiquement parce qu’ils diminuaient et mourraient psychologiquement d’abord : ils n’avaient pas de « sens » à leur vie, ils abandonnaient donc la lutte et craquaient. Sans en avoir l’air, il commença à détecter les « sens » dans la vie de ses camarades de prison au cours de conversations à bâton rompu ; puis il commença d’une manière toute naturelle et imperceptible à leur « ré-injecter » ces mêmes « sens » dans leurs vies respectives.

C’est ainsi que Frankl découvrit ce qu’il devait appeler plus tard sq « Logothérapie » : c’est-à-dire, guérir (thérapie) les gens en donnant « sens » (logos) à leur vie. Car ce que signifie le mot « logos », c’est d’abord « sens » ; puis « parole ».

Frankl parle d’un sens au niveau psychologique. Je que j’avais appris de Dieu se situait au niveau spirituel : non pas un sens parmi tous ceux que l’homme donne à sa vie, mais le sens absolument unique que Dieu donne à la vie de quelqu’un. Ayant fait des études de psychologie et di spiritualité, j’ai été toujours convaincu, et de plus en plus confirmé dans ma conviction ; que ces deux disciplines, disons plutôt ces deux mondes, ne doivent jamais divorcer l’un de l’autre : tous deux, comme la nature et la grâce, sont intimement et organiquement reliés. C’est ma façon de l’exprimer quand je dis : la spiritualité est le niveau le plus haut, ou le plus profond de la psychologie, selon la façon dont on la regarde.

La « vocation personnelle » est le secret de l’unité et de l’intégration au cœur d’une vie ; précisément parce qu’elle est le sens unique que Dieu donne à la vie. Seul le « sens » opère unité et intégration dans les profondeurs de l’être. Spontanément ; nous rejetons ce qui n’a pas de sens ; pour retenir intérieurement et assimiler ce qui a du sens.

Même quand il s’agit d’un « problème » dans ma vie, il peut être intégré, quand il « s’est mis en place », il a pris un sens.

Perspectives christologiques

Toute vocation est dans le Christ Jésus : la personnalité du Christ Jésus est infiniment riche, elle embrasse tout appel et toute vocation. si chacun de nous a une « vocation personnelle », cela ne peut donc être que dans le Christ Jésus. Le Père, qui ne se plaît que dans son Fils Jésus, discerne le « visage » de Jésus en chacun de nous.

La vocation personnelle n’est donc pas simplement quelque idéal personnel abstrait. Non, c’est une personne ; la personne du Christ Jésus lui-même d’une manière unique et profonde. Pour moi donc ; je peux en toute vérité parler de « mon Jésus ».

La vocation personnelle est l’unique sens donné par Dieu à la vie de quelqu’un. Parce que, pour Dieu le Père, il n’y a pas de « sens » en dehors du Christ Jésus : le Christ Jésus est le « logos » du Père, et « logos », nous l’avons dit, signifie d’abord le « sens ».

Conséquences pour comprendre la vocation personnelle

D’après tout ce que j’ai dit jusqu’à ici, il est clair que la « vocation personnelle » n’est pas sur le même plan que les autres vocations hiérarchiquement structurées : vocation chrétienne, sacerdotale, religieuse et jésuite. La vocation personnelle de chacun ne sera pas un cinquième niveau de vocation. Elle est plutôt l’esprit qui anime chacun des quatre niveaux mentionnés. Autrement dit, chacun aura sa manière unique et personnelle d’être chrétien, prêtre, religieux et jésuite.

Il devrait être suffisamment clair que la vocation personnelle n’est pas au niveau du faire, mais au niveau de l’être.

Confirmation

Mon expérience d’accompagnement m’a appris que la confirmation de la vocation personnelle peut se faire de deux manières très spéciales.

a) Avec un certain frémissement de découverte, la personne « s’éveille » toujours plus profondément au fait que la vocation personnelle qu’il vient de discerner a été présente d’une manière surprenante dans son histoire concrète dès le tout début.

En fait, c’est une véritable expérience d’entendre la personne retracer avec enthousiasme sa « vocation personnelle » particulière à travers les différentes étapes de son histoire concrète.

Si c’est vraiment sa vocation personnelle, elle doit être présente. Elle n’est pas donnée maintenant mais, pour employer les mots de l’Écriture, « dès le sein de sa mère » (Is 49,1). On prend conscience simplement, on la découvre ou discerne maintenant mais elle était là dès le commencement.

Une « confirmation » très claire de ma vocation personnelle et donc de constater qu’elle est inscrite dans mon histoire concrète et dans le dynamisme intime (le mouvement des forces intérieures) de ma vie.

b) La vocation personnelle reste-t-elle toujours la même pour une personne ou peut-elle changer au cours de la vie ? Il y a dans la vocation personnelle un certain aspect qui ne change jamais. Mais une partie aussi est sujette au changement, elle peut aussi s’incarner selon les circonstances de la vie. Et ainsi, notre vocation personnelle reçoit un nouvel aspect, une nouvelle couleur, une nouvelle profondeur tandis que la vie avance.

Ce caractère dynamique de la vocation personnelle montre comment elle est profondément liée à la vie et à sa transformation. C’est le propre de out organisme vivant de continuer à se développer tout en restant enraciné dans la même identité fondamentale.

Cde qui a du « sens » ne nous ennuie jamais : En fait ; au long de notre pèlerinage terrestre nous laissons tomber ce qui « n’a pas de sens », mais nous nous accrochons à ce qui « signifie quelque chose ». Et ce qui « signifie quelque chose » prend de plus en plus de sens pour nous.

Vocation personnelle et discernement

Sans aucun doute, le discernement est de loin le mot-clé dans la spiritualité chrétienne aujourd’hui : l’état actuel du monde et de l’Eglise révèle le besoin pressant et urgent de discernement.

Je suis convaincu que la vocation personnelle ; une fois discernée ; devient le critère de discernement pour toute décision dans la vie, même dans les détails quotidiens. Car ma « vocation personnelle » est pour moi la « volonté de Dieu » au sens théologique le plus profond. Je peux « sentir » intérieurement laquelle décision « s’accorde » avec ma « vocation personnelle » et laquelle « détonne ». En d’autres termes, en tout choix qui se présente à moi, il y a un appel à mon « moi unique ».

Dans la vocation personnelle le Seigneur a fait don à chacun d’un secret personnel.

« L’examen particulier » de quelqu’un est l’examen qui est particulier ou spécifique ou unique de la personne. Il n’est donc pas différent de la vocation personnelle.

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Questa voce è stata pubblicata il 07/05/2016 da in Article mensuel, Foi et Spiritualité, FRANÇAIS, Vocation et Mission con tag , .

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Combonianum è stata una pubblicazione interna nata tra gli studenti comboniani nel 1935. Ho voluto far rivivere questo titolo, ricco di storia e di patrimonio carismatico.
Sono un comboniano affetto da Sla. Ho aperto e continuo a curare questo blog (tramite il puntatore oculare), animato dal desiderio di rimanere in contatto con la vita del mondo e della Chiesa, e di proseguire così il mio piccolo servizio alla missione.
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