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FP.fr 4/2017 Méditation sur Joseph, l’homme disponible

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Méditation sur Joseph, l’homme disponible
Saint Joseph par Benoît XVI

Une magnifique méditation de Benoît XVI , tirée des sermons du Cardinal Ratzinger sur les saints, commencé de publier en Allemagne en 1982. Source : écrits de Benoît XVI, ” les Saints, nos contemporains” ( Editions Parole et Silence) Ce sermon fut prononcé le jour de la saint Joseph dans la chapelle des soeurs de la Mère douloureuse à Rome, 19 mars 1992) C’est une approche de Joseph ancrée dans la Parole, et qui montre une profonde intimité entre le cardinal Ratzinger et son saint Patron.

(  Le repos pendant la fuite en Egypte 1805-1806, Hambourg Kunsthalle Allemagne, ne pouvant proposer l'image contemplée par le cardinal ratzinger chez des amis!).jpg

Le repos pendant la fuite en Egypte 1805-1806, Hambourg Kunsthalle Allemagne

Comme Joseph, tourner notre démarche vers l’intérieur.

S. José1Il y a peu de temps, j’aperçus dans l’appartement d’amis une représentation de saint Joseph qui me fit réfléchir. Il s’agissait du relief d’un autel portugais baroque : il montrait la nuit qui précéda la fuite en Egypte. Il y avait là une grande tente ouverte. D’en haut, un ange descend ; dans l’ouverture de la tente est couché Joseph- dormant, mais habillé du vêtement du pèlerin, avec de grandes bottes à revers telles qu’on les utilise seulement pour un périble difficile. Ce qui nous paraît de prime abord peut-être un peu naïf- le fait que le dormeur est en même temps le voyageur-se révèle plus profond et nous fait entendre quelque chose du message de la personne de Joseph.

Joseph dort, mais en même temps, il est capable d’entendre l’ange ( Cf Mt 2, 13 s). Il émane de lui ce que dit un passage du Cantique des Cantiques : ” Je dors mais mon coeur veille” ( cf Ct 5, 2). Les sens sont au repos mais le fond de l’âme est ouvert. La tente ouverte devient l’image de l’homme qui peut entendre en profondeur, qui est assez ouvert pour que la vie de Dieu et de ses saints anges parvienne jusqu’à l’oreille de son coeur. En profondeur, l’âme de chaque homme est en contact avec Dieu. De l’intérieur, Il veut parler à chacun de nous, Il est proche de chacun de nous. Mais nous sommes la plupart du temps préoccupés entièrement de nos affaires, de nos soucis, de nos attentes et désirs de toute nature. Nous sommes si remplis d’images et de tourments que, tout en étant éveillés de l’extérieur, nous avons perdu notre éveil intérieur, au point que nous ne sommes plus capables d’entendre la voix venant du fond de notre âme. cette dernière est si remplis de bric-à-brac, tant de murs sont bâtis devant Dieu que lui et sa voix assourdie ne peuvent plus pénéter à l’intérieur. Dans les temps modernes, nous sommes devenus de plus en plus capables de dominer le monde, de transformer toute chose comme nous l’entendons; mais ce progrès de notre pouvoir sur les choses, de notre connaissance de ce que l’on peut faire d’elles, a en même temps rétréci notre perception : notre monde est devenu unidimensionnel. Nous sommes dominés par nos objets, par ce que l’on peut prendre en main, par ce avec quoi on peut faire quelque chose. En dernier ressort, nous ne voyons que nous-mêmes et n’écoutons plus la profondeur de la Création qui nous parle encore aujourd’hui de la beauté et de la bonté de Dieu. Joseph dormant, qui est cependant en même temps capable d’entendre en profondeur-comme nous l’avons appris aujourd’hui dans la lecture de l’Evangile- est l’homme de la concentration et de la disponibilité intérieures. La tente de sa vie est ouverte. Ainsi il s’adresse à nous ; il nous invite à nous retirer un peu de la clameur des sens, afin que nous retrouvions notre concentration, que nous apprenions à regarder vers l’intérieur et vers le haut, que Dieu touche notre âme et puisse lui parler. Je pense que le carême est une période de ce type dans notre vie, période pendant laquelle nous devons à nouveau nous éloigner de tout le quotidien, qui nous tourmente, et tourner notre démarche vers l’intérieur.

Une succession de chemins acceptés

Autre élément. Ce Joseph est pour ainsi dire prêt à bondir. Il est prêt- comme cela est dit dans la passage de l’Evangile lu aujourd’hui- à se lever et à exécuter la volonté de Dieu ( cf Mt 1, 24; 2, 14). Il touche, ce faisant, à ce qui est le centre de la vie de Marie et qu’elle exprime à l’heure décisive de sa vie : Me voici! Je suis la servante du Seigneur!” ( Lc 1, 38). La même chose s’applique à Joseph : cette disponibilité à se lever : ” Vois, je suis ton serviteur! Prends-moi! Ou encore comme Isaïe répond à l’heure de sa vocation : Me voici ! Envoie-moi ( Es 6, 8; cf 1 S 3,8 s). C’est l’appel qui dorénavant détermine toute sa vie. Que l’on songe ici également à un autre mot de l’Ecriture, l’adresse de Jésus à Pierre : ” Tu seras conduit là où tu ne voudrais pas. ( Jn 21, 18). Joseph, l’homme disponible, en a fait le critère directeur de sa vie. Il était là pour se laisser conduire même là où il ne le voulait pas. Toute sa vie est une succession de tels chemins acceptés.

Que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui se réalise

Cela commence par cette première rencontre où l’ange l’initie au mystère de la maternité divine de Marie, dans le secret messianique, et interrompt ainsi bruquement la vie calme, modeste, à laquelle il se préparait, en l’entraînant dans l’aventure de Dieu avec les hommes- une expérience proche de celle du Buisson ardent : la rencontre directe avec le mystère dont il doit être le témoin et l’un des porteurs. Le message se manifeste immédiatement : la naissance du Messie ne peut pas s’effectuer à Nazareth. Joseph doit se mettre en route pour Bethléem, la ville de David, mais même là, la ville ne peut pas être le lieu de la naissance. Les siens ne l’ont pas accueilli. ( Jn 1, 11) Le mystère de la Croix se profile avant l’heure. Le Seigneur est mis au monde, hors de la ville, dans une étable. Et ensuite se produit l’autre rencontre avec l’ange, rencontre qui conduit Joseph vers l’exil en Egypte ( Mt 2, 13-15). En Egypte, il subit le sort du sans abri, du sans-patrie, de l’exilé, de l’étranger qui ne fait pas partie du pays et doit chercher un lieu pour lui et pour les siens. La menace permanente empêche tout retour. Alors arriva ce grave événement : les trois jours d’absence de Jésus ( Cf Lc, 2, 46) qui anticipe déjà le mystère des trois jours qui séparent la Croix de la Resurrection. De la même façon que le Ressuscité ne retourne pas à son ancienne vie, à son ancienne intimité, mais dit ” N’essaie pas de me retenir! Je monte chez le Père!” – Tu ne peux être avec moi que si tu veux monter avec moi ( Cf Jn 20, 17), – de même apparaissent lors des retrouvailles dans le Temple, l’étrangeté, le sérieux et la hauteur du mystère lorsque Jésus resitue pour ainsi dire Joseph à sa place, et ce faisant, l’emmène en même temps vers le haut : Je dois être dans la maison de mon père. ( cf Lc, 2-19). Tu ne t’appelleras pas ” père”, tu n’es que le gadien, le mandataire de cet office, et en cela du mystère de l’incarnation de Dieu. Et finalement, Joseph meurt avant de pouvoir vivre la Révélation de la mission de Jésus. Tout reste caché dans le silence, la souffrance, les espérances. Cette vie n’est pas une réalisation de soi dans laquelle l’homme vient chercher en lui-même tout ce qu’il peut trouver, et essaye de faire de lui-même tout ce qu’il croit pouvoir faire de sa vie. Ce n’est pas une réalisation de soi-même mais un renoncement de soi. Etre conduis là où tu ne voudrais pas. Il ne prend pas possession de sa vie, mais il la donne. Il ne réalise pas un projet qu’il a conçu avec ses propres capacités, et avec sa propre volonté ; il se place au contraire entre les mains de Dieu, se défait de sa volonté pour l’intégrer dans celle de l’Autre, dans la volonté supérieure de Dieu; là précisément où se trouve la vraie perte de soi, l’homme se trouve. Oui, c’est seulement dans la perte de nous-mêmes, dans le don de soi, que nous pouvons nous recevoir. Et cela n’intervient pas par la domination de la volonté propre de l’individu qui se réalise, mais par celle de la volonté de Dieu. Que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se réalise ( Lc 22, 42). Là où se produit ce que nous sollicitons- que ta volonté se fasse, sur la terre comme au ciel- un morceau de ciel se crée sur la terre, car à ce moment, la terre est semblable au ciel. Et ainsi Joseph, celui qui se perd, celui qui renonce, qui en quelque sorte suit à l’avance le crucifié, montre le chemin de la fidélité, le chemin de la résurrection et de la vie.

C’est seulement si nous ré-apprenons à regarder le ciel comme Joseph que la terre redeviendra lumineuse.

Il s’ensuit une troisième chose. Ce Joseph est vêtu comme un pèlerin. Et son chemin est, depuis l’heure du mystère, un pèlerinage. Il se trouve sous le signe d’Abraham; car l’histoire de Dieu, l’histoire de ses relations avec les hommes, l’histoire de ses éléctions commence par l’appel au patriarche : Pars de ton propre pays, de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai. ( Cf Gn 12,1; 26,3: He 11, 8 s.). Joseph devient ainsi la préfiguration de l’existence chrétienne en devenant l’image ultérieure à l’existence abrahamique. La première épître de Pierre et l’épître aux Hébreux soulignent cela avec une grande insistance. Comme le Christ- nous disent les apôtres-vous êtes des étrangers, des pèlerins et des hôtes ( 1P1, 1, 17; 2,11; He 13, 14). Car notre chez nous- ou comme nous le dit saint Paul dans l’épître aux Philippiens- notre cité est dans les cieux ( Ph 3, 20). Nous n’aimons plus beaucoup entendre aujourd’hui ce discours sur le ciel, car nous pensons que cela nous détourne des devoirs que nous avons sur la terre, que cela nous rend étrangers au monde. Nous pensons que non seulement nous devons transformer la terre en paradis et ne pas écarter notre esprit de ce but, mais que nous devons lui consacrer notre coeur et nos mains. Mais précisément en voulant cela, nous détruisons la Création. En effet, l’attente de l’homme, son aspiration ultime, est dirigée vers l’infini. Et il est toujours vrai aujourd’hui, que rien ne suffit à l’homme, si ce n’est Dieu. Il est ainsi créé, que le fini est toujours trop peu pour lui, qu’il lui faut davantage : l’amour infini, la beauté et la vérité infinies. Cette attente est indestructible en lui, mais il peut perdre des yeux sa finalité. Et dès lors, il veut aller chercher l’infini dans le fini. Il veut voir le ciel sur la terre, il attend et il sollicite tout d’elle, de cette vie et de cette société. En voulant produire l’infini à partir du fini, il foule aux pied la terre et rend la coexistence mutuelle impossible dans une société ordonnée, car autrui devient pour lui une entrave et une menace dans la mesure où il s’approprie toujours un morceau de la vie et du monde que l’on voudrait garder pour soi. C’est seulement si nous ré-apprenons à regarder le ciel que la terre deviendra lumineuse. C’est seulement si nous laissons devenir vivante en nous toute la grandeur de l’espérance en la coexistence éternelle avec Dieu, si nous redevenons des pèlerins vers l’éternel et si nous ne nous aggrippons pas à la terre, que le rayonnement de notre espoir tombe aussi sur ce monde et lui donne, à lui aussi, l’espérance et la paix.

Ainsi nous voulons en ce jour remercier Dieu pour ce saint de la ” concentration” sur Lui, de la disponibilité, de l’obéissance, de la perte de soi, de l’être-en-route vers les promesses de dieu et donc du service de la terre. Nous voulons dire notre gratitude pour ce jour du jubilé où nous voyons qu’encore aujourd’hui des hommes s’ouvrent à la volonté de Dieu, entendent son appel et font le chemin avec lui, quel que soit le lieu où il conduit. Nous voulons demander la grâce qu’une telle vigilance et disponibilité nous soit accordée et que l’abondance d’une telle espérance pénètre notre vie et nous amène vers Dieu, qui est notre vraie destination dans la communion de la vie éternelle.

http://www.saintjosephduweb.com

Saint Joseph exemple et modèle de notre vie chrétienne
Homélie du Saint-Père Paul VI

Solennité de Saint Joseph, mercredi 19 mars 1969

La fête de ce jour nous invite à la méditation sur saint Joseph, père légal et putatif de Jésus Notre-Seigneur. En raison de sa fonction près du Verbe Incarné pendant son enfance et sa jeunesse, il fut aussi déclaré protecteur de l’Eglise, qui continue dans le temps et reflète dans l’histoire l’image et la mission du Christ.

Pour cette méditation, de prime abord la matière semble faire défaut: que savons-nous de saint Joseph, outre son nom et quelques rares épisodes de la période de l’enfance du Seigneur? L’Evangile ne rapporte de lui aucune parole. Son langage, c’est le silence; c’est l’écoute de voix angéliques qui lui parlent pendant le sommeil; c’est l’obéissance prompte et généreuse qui lui est demandée; c’est le travail manuel sous ses formes les plus modestes et les plus rudes, celles qui valurent à Jésus le qualificatif de « fils du charpentier » (Mt 13, 55). Et rien d’autre: on dirait que sa vie n’est qu’une vie obscure, celle d’un simple artisan, dépourvu de tout signe de grandeur personnelle.

Cependant cette humble figure, si proche de Jésus et de Marie, si bien insérée dans leur vie, si profondément rattachée à la généalogie messianique qu’elle représente le rejeton terminal de la descendance promise à la maison de David (Mt 1, 20), cette figure, si on l’observe avec attention, se révèle riche d’aspects et de significations. L’Eglise dans son culte et les fidèles dans leur dévotion traduisent ces aspects multiples sous forme de litanies. Et un célèbre et moderne sanctuaire érigé en l’honneur du Saint par l’initiative d’un simple religieux laïc, Frère André, de la Congrégation de Sainte-Croix de Montréal, au Canada, met ces titres en évidence dans une série de chapelles situées derrière le maître-autel, toutes dédiées à saint Joseph sous les vocables de protecteur de l’enfance, protecteur des époux, protecteur de la famille, protecteur des travailleurs, protecteur des vierges, protecteur des réfugiés, protecteur des mourants.

Si vous observez avec attention cette vie si modeste, vous la découvrirez plus grande, plus heureuse, plus audacieuse que ne le paraît à notre vue hâtive le profil ténu de sa figure biblique. L’Evangile définit saint Joseph comme « juste » (Mt 1, 19). On ne saurait louer de plus solides vertus ni des mérites plus élevés en un homme d’humble condition, qui n’a évidemment pas à accomplir d’actions éclatantes. Un homme pauvre, honnête, laborieux, timide peut-être, mais qui a une insondable vie intérieure, d’où lui viennent des ordres et des encouragements uniques, et, pareillement, comme il sied aux âmes simples et limpides, la logique et la force de grandes décision, par exemple, celle de mettre sans délai à la disposition des desseins divins sa liberté, sa légitime vocation humaine, son bonheur conjugal. De la famille il a accepté la condition, la responsabilité et le poids, mais en renonçant à l’amour naturel conjugal qui la constitue et l’alimente, en échange d’un amour virginal incomparable. Il a ainsi offert en sacrifice toute son existence aux exigences impondérables de la surprenante venue du Messie, auquel il imposera le nom à jamais béni de Jésus (Mt 1, 21); il Le reconnaîtra comme le fruit de l’Esprit-Saint et, quant aux effets juridiques et domestiques seulement, comme son fils. S. Joseph est donc un homme engagé. Engagé — et combien! —: envers Marie, l’élue entre toutes les femmes de la terre et de l’histoire, son épouse non au sens physique, mais une épouse toujours virginale; envers Jésus, son enfant non au sens naturel, mais en vertu de sa descendance légale. A lui le poids, les responsabilités, les risques, les soucis de la petite et singulière Sainte Famille. A lui le service, à lui le travail, à lui le sacrifice, dans la pénombre du tableau évangélique, où il nous plaît de le contempler et, maintenant que nous savons tout, de le proclamer heureux, bienheureux.

C’est cela, l’Evangile, dans lequel les valeurs de l’existence humaine assument une tout autre mesure que celle avec laquelle nous avons coutume de les apprécier: ici, ce qui est petit devient grand (souvenons-nous des effusions de Jésus, au chapitre XI de saint Matthieu: « Je vous bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que vous avez caché ces choses aux sages et aux simples »); ici, ce qui est misérable devient digne de la condition sociale du Fils de Dieu fait fils de l’homme; ici, ce qui est le résultat élémentaire d’un travail artisanal rudimentaire et pénible sert à initier à l’œuvre humaine l’Auteur du cosmos et du monde (cf. Jn 1, 3; 5, 17) et à fournir d’humble pain la table de celui qui se définira lui-même « le pain de vie » (Jn 6, 48); ici ce que l’on a perdu par amour du Christ est retrouvé (cf. Mt 10, 39), et celui qui sacrifie pour Lui sa vie en ce monde la conserve pour la vie éternelle (cf. Jn 12, 25). Saint Joseph est le type évangélique que Jésus, après avoir quitté l’atelier de Nazareth pour entreprendre sa mission de prophète et de maître, annoncera comme programme pour la rédemption de l’humanité. Saint Joseph est le modèle des humbles que le christianisme élève à de grands destins. Saint Joseph est la preuve que pour être bon et vrai disciple du Christ, il n’est pas nécessaire d’accomplir de grandes choses; qu’il suffit de vertus communes, humaines, simples, mais authentiques.

Et ici la méditation porte son regard de l’humble Saint au tableau de notre humaine condition personnelle, comme il advient d’habitude dans l’exercice de l’oraison mentale. Elle établit un rapprochement, une comparaison entre lui et nous: une comparaison dont nous n’avons assurément pas à nous glorifier, mais où nous pouvons puiser quelque bonne réflexion. Nous serons portés à imiter saint Joseph suivant les possibilités de nos conditions respectives; nous serons entraînés à le suivre dans l’esprit et la pratique concrète des vertus que nous trouvons en lui si vigoureusement affirmées, de la pauvreté, spécialement, dont on parle tant aujourd’hui. Et nous ne nous laisserons pas troubler par les difficultés qu’elle présente, dans un monde tourné vers la conquête de la richesse économique, comme si elle était la contradiction du progrès, comme si elle était paradoxale et irréelle dans notre société de consommation et de bien-être. Mais, avec saint Joseph pauvre et laborieux, occupé comme nous à gagner quelque chose pour vivre, nous penserons que les biens économiques aussi sont dignes de notre intérêt de chrétiens, à condition de n’être pas considérés comme fin en soi, mais comme moyens de sustenter la vie orientée vers les biens supérieurs; à condition de n’être pas l’objet d’un égoïsme avare, mais le stimulant et la source d’une charité prévoyante; à condition encore de n’être pas destinés à nous exonérer d’un travail personnel et à favoriser une facile et molle jouissance des prétendus plaisirs de la vie, mais d’être au contraire honnêtement et largement dispensés au profit de tous. La pauvreté laborieuse et digne de ce saint évangélique nous est encore aujourd’hui un guide excellent pour retrouver dans notre monde moderne la trace des pas du Christ. Elle est en même temps une maîtresse éloquente de bien-être décent qui, au sein d’une économie compliquée et vertigineuse, nous garde dans ce droit sentier, aussi loin de la poursuite ambitieuse de richesses tentatrices que de l’abus idéologique de la pauvreté comme force de haine sociale et de subversion systématique.

Saint Joseph est donc pour nous un exemple que nous chercherons à imiter; et, en tant que protecteur, nous l’invoquerons. C’est ce que l’Eglise, ces derniers temps, a coutume de faire, pour une réflexion théologique spontanée sur la coopération de l’action divine et de l’action humaine dans la grande économie de la Rédemption. Car, bien que l’action divine se suffise, l’action humaine, pour impuissante qu’elle soit en elle-même (cf. Jn 15, 5), n’est jamais dispensée d’une humble mais conditionnelle et ennoblissante collaboration. Comme protecteur encore, l’Eglise l’invoque dans un profond et très actuel désir de faire reverdir son existence séculaire par des vertus véritablement évangéliques, telles qu’elles ont resplendi en saint Joseph. Enfin l’Eglise le veut comme protecteur, dans la confiance inébranlable que celui à qui le Christ voulut confier sa fragile enfance humaine voudra continuer du ciel sa mission tutélaire de guide et de défenseur du Corps mystique du même Christ, toujours faible, toujours menacé, toujours dramatiquement en danger. Et puis nous invoquerons saint Joseph pour le monde, sûrs que dans ce cœur maintenant comblé d’une sagesse et d’une puissance incommensurables réside encore et pour toujours une particulière et précieuse sympathie pour l’humanité entière. Ainsi soit-il.


 

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Questa voce è stata pubblicata il 16/03/2017 da in Article mensuel, Foi et Spiritualité, FRANÇAIS, ITALIANO con tag , , .

San Daniele Comboni (1831-1881)

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