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FP.fr 6/2017 (3) La dévotion mariale : heurs et malheurs

Formation Permanente – français 6/2017
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La dévotion mariale : heurs et malheurs
Jean-Paul Mensior, sj

S’il est difficile de parler du rapport du chrétien à Marie, c’est que, ce faisant, on pénètre dans le champ du sentiment religieux, de la dévotion, de la piété. Et qu’une question surgit aussitôt : quel est le rapport entre la foi et la piété ? Y a-t-il une proportion entre les deux ? Est-ce que le développement des dévotions est le signe d’une foi qui grandit ? Ce n’est pas sûr du tout. Pour prendre un exemple lié à Marie, peut-on dire que l’augmentation de la vente des chapelets est signe d’une augmentation de la foi, ou d’un progrès de la superstition ?

Si je parle de superstition, c’est que nous savons bien que l’étiquette “sentiment religieux ” peut recouvrir des marchandises bien diverses. Le terrain de l’énoncé dogmatique et de la théologie est bien balisé, il obéit aux exigences de la raison et de la déduction logique. Celui de la piété serait plutôt vague et tout y pousse de façon sauvage et difficilement contrôlable : le meilleur et le moins bon.

FOI ET DÉVOTION

De façon générale, je me demande si la place croissante prise par la dévotion n’est pas en partie liée à la distance inévitablement croissante où nous sommes de l’existence terrestre de Jésus. En effet, Dieu, que personne n’a jamais vu, s’est donné à voir, à entendre, à toucher, il y a près de deux mille ans, en la personne de Jésus. Et puis ce Jésus, comme pour les disciples d’Emmaüs, a pour toujours “disparu de nos yeux”. Et les hommes – cultivés ou non – ont besoin d’images, de représentations, voire de dévotions particulières, pour animer et vivifier leur foi.

Grâce à Dieu, c’est un domaine où chacun est libre. Une certaine nudité, ou en tout cas une sobriété en matière de dévotion, peut chez certains aider la vie de foi qui, chez d’autres, sera soutenue par le foisonnement des images et l’exubérance des signes sensibles.

C’est pourquoi, et puisque nous allons parler de développement, mais aussi d’excès mariologiques, je voudrais d’abord dire fermement que nul ne peut savoir ce que recèle de foi véritable telle ou telle pratique, apparemment formelle ou contestable. C’est sans doute une des raisons de la tolérance – qui peut paraître excessive – de l’Église en cette matière.

En effet, les dévotions tendent souvent vers la superstition et certaines sont difficilement défendables. On soupçonne les clercs de les tolérer parce qu’ils ne peuvent faire autrement, et, si l’on est moins bienveillant, parce qu’ils en tirent profit… Elles apparaissent liées à ce que Newman appelait le romanisme, qui concède beaucoup à l’imagination et au paganisme populaire. Il est vrai qu’après sa conversion il comprit mieux qu’on ne pouvait condamner indistinctement.

Au vrai, on juge l’arbre à ses fruits : combien d’instituts religieux – surtout au XlXe siècle – portent le nom d’une dévotion qui leur a donné naissance – Assomption, Cœur immaculé de Marie, Sainte Famille… – et non celui d’une affirmation importante de la foi ! En ce cas la justesse de la dévotion se dévoile dans sa fécondité.

Il reste que ce qui fait difficulté à plus de chrétiens qu’on ne pense c’est la disproportion entre la place tenue par la Vierge dans le sentiment, dans la piété, et celle qu’elle occupe dans la foi de l’Église, telle que la proclame le Credo. Disproportion qui se redouble quand on compare la maigreur du matériau scripturaire sur Marie et le développement de la doctrine mariale. Il est vrai que le culte et la piété marials ont toujours précédé la réflexion théologique : là comme ailleurs, tout au long de l’histoire de la révélation et de l’Église, on vit d’abord et on théorise ensuite.

Et puis, on ne peut faire que Marie, en raison même de sa place unique dans l’économie du salut, ne demeure exposée aux expressions les plus hyperboliques de l’amour qu’on lui porte. Hélas, rien ne s’use plus que l’hyperbole !

LES ÉTAPES DU CULTE MARIAL

En rigueur de terme, on ne croit pas à Marie ; les Symboles de la foi nous font dire : “Je crois en Jésus-Christ… né de la Vierge Marie”. Et en dépit de ce que nous voyons, il n’y a pas non plus, à proprement parler, de culte de la Vierge. Paul VI précise, dans une exhortation, que, pour être exact, il faut parler de “la place qu’occupe la Vierge Marie dans le culte chrétien “. Cela dit, il faut énoncer d’entrée de jeu la règle d’or qui permet de juger de l’authenticité d’une piété mariale : elle consiste à se demander si cette relation à Marie renvoie au Christ et augmente la foi en lui. En effet tout ce qu’on peut dire de Marie est toujours relatif au Christ. Toute la lumière qui émane d’elle, elle la reçoit du Christ, pour la réfléchir comme un parfait miroir.

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C’est pourquoi il est significatif que la première image certaine de Marie que nous connaissions soit une fresque du cimetière de Priscille, qui date d’environ l’an 200 : une étoile à huit branches surmonte une femme, assise, tenant dans ses bras un petit enfant nu. Du premier coup, le sens chrétien est allé à l’essentiel : une épiphanie. La Vierge n’est là qu’à cause de son Fils. Elle est la mère de Dieu, la Théotokos avant la lettre, mais non avant la foi.

Par la suite, tout au long de l’histoire de l’Église, nous allons assister, au cours des neuf et surtout des cinq derniers siècles, à un développement souvent exubérant de ce que nous appellerons tout de même, pour plus de commodité, le culte marial. Nous en parcourrons rapidement les étapes, en nous interrogeant, chemin faisant, sur les raisons de ces hypertrophies.

Avant Éphèse

Le début de ce développement est assez tardif. Toutefois il est certain que ce culte – tant liturgique que privé – est antérieur au concile d’Éphèse (431), concile christologique où Marie est affirmée être Théotokos, c’est-à-dire Mère de Dieu. Liturgiquement, c’est au IIIe siècle que Marie apparaît dans la célébration de l’Incarnation, sous la forme orientale de l’Épiphanie et sous la forme occidentale de Noël ; à Rome, on y lit ce jour-là les évangiles de la naissance de Jésus.

En ce qui concerne la prière privée, on a longtemps cru que la prière Sub tuum praesidium (sous ta protection, nous nous réfugions) était une prière latine du Moyen Âge : or on l’a retrouvée sur un papyrus grec du IVe siècle, qui invoque Marie comme Mère de Dieu. La prière à Marie ne se développe que tardivement, car la norme de la prière est de s’adresser au Père par le Fils – et c’est jusqu’à aujourd’hui la structure de la prière liturgique. Les saints ou la Vierge ne sont que des motifs d’intercession. À proprement parler, on ne les prie pas, on leur dit : “Priez pour nous “. Par contre on s’adresse à Marie pour la louer, la célébrer dans des pièces poétiques, hymnes ou antiennes.

Un très ancien visage de la Vierge., celui d_une plaque gravée au cinquième siècle en Provence,

Un très ancien visage de la Vierge., celui d’une plaque gravée au cinquième siècle en Provence,

le siècle

Les fêtes de Marie se multiplient. Au Vlle siècle, quatre fêtes sont importées d’Orient : la Présentation de Jésus qui devient en Occident la Purification de Marie, l’Annonciation du Seigneur qui devient en Occident l’Annonciation à Marie (l’Occident insiste donc sur la mère de Jésus), la Dormition appelée en Occident l’Assomption, et la Nativité de Marie.

Du Xle au XVle siècle

Du schisme d’Orient à la Réforme, l’Occident voit un foisonnement à la fois doctrinal et cultuel. Les formes cultuelles sont, bien entendu, tributaires de mutations culturelles importantes. On voit ainsi apparaître dans cette société pyramidale, une hiérarchisation qui place Marie juste au-dessous du Christ… mais avec lui, dans le ciel. C’est pourquoi la gloire de la Vierge est plus célébrée que son humilité : elle devient Reine plus que servante ; Mère plus que sœur.

Cette évolution a son répondant dans l’iconographie, où l’on trouve deux courants : une image royale, idéale, qui transfigure son humanité, avec les risques de lui donner les apparences d’une déesse ; mais aussi l’image d’une femme ordinaire, de condition modeste, qui intègre Jésus non seulement à l’humanité, mais à un terroir déterminé. Dans certains sanctuaires, le culte de déesses-mères a été relayé par le culte de Marie – avec sans doute des contaminations. Mais, dans l’ensemble, le culte de déesses païennes semble avoir freiné le développement du culte de Marie.

À la même époque on assiste à une formidable éclosion de confréries, de dévotions, de récits de miracles. Comment rendre compte d’une telle effervescence ? Il me semble qu’elle tient à une dissociation croissante entre une théologie savante – de plus en plus raffinée, mais aussi de plus en plus abstraite, devenue monopole universitaire, donc réservée aux seuls clercs – et un peuple chrétien maintenu dans l’ignorance (d’ailleurs pas seulement en matière religieuse), mais dont la foi cherche pourtant à s’exprimer, à se communiquer, comme elle peut ; ce qui donnera des images sublimes, mais aussi des dévotions difficilement contrôlables. Le discours sur le Christ étant devenu le privilège des seuls théologiens, le peuple s’adresse à Marie.

Même dissociation entre une liturgie officielle en langue morte qui, jusqu’à une date très récente, restera largement de type monastique, donc en partie incompréhensible au peuple, et la foi de ce peuple qui, par nécessité de se dire, compensera cette exclusion en multipliant des dévotions qui comporteront inévitablement des dégradations.

Donc, ce que nous serions tentés de juger prolifération indue exprime en même temps la foi réelle d’un peuple croyant et l’emprise – indue, elle – des clercs.

Le mouvement marial de la Contre-Réforme

La Réforme protestante naît dans une large mesure en réaction contre les déviations des XVe et XVle siècles, au moment où un nouveau monde surgit sur les ruines du Moyen Âge. Ses principes – la foi seule, l’Écriture seule, Dieu seul – vont, bien entendu, contre l’exaltation des saints et de la Vierge Marie. Luther, lui, garde l’essentiel de la foi et de la piété catholique. Fait significatif, le concile de Trente ne consacre ni une session ni un chapitre à Marie.

En fait, la polémique anti-mariale des réformateurs ne s’est développée qu’au XVlle siècle, face au mouvement marial catholique. Ce qu’elle a contesté, ce sont les excès d’une dévotion mariale qui lui paraissait porter atteinte à l’unique médiation du Christ. Dois-je ajouter que les jésuites, très présents à la Contre-Réforme, étaient aussi au cœur de ce mouvement marial : c’est en 1577 que l’un d’entre eux, Pierre Canisius édite un traité polémique : “ De Maria Virgine incomparabile”.

Ce mouvement marial suscite dévotions, fêtes particulières de Marie, fondations d’institutions en son honneur et à son service, et surtout une littérature surabondante. Tandis que les mystiques entrent dans une voie nouvelle dont le “cœur “est le centre – la Vierge n’est pas seulement une Reine, mais une épouse mystique – Jean Eudes et Grignon de Montfort pourvoient aux besoins du peuple, dans un langage plus adapté et en développant la dévotion au Cœur de Marie et par des prédications populaires à grand succès. C’est aussi à cette époque que se détache un secteur spécialisé de la théologie que l’on appellera la mariologie.

L’apogée, au XlXe siècle

Je crois qu’il faut insister sur le rôle de la Contre-Réforme dans l’extraordinaire élan marial qui va traverser le XlXe siècle. Elle a inauguré une véritable inflation, comme si le degré de la foi catholique se mesurait à l’intensité de la ferveur mariale. “De Maria numquam satis”, proclame-t-elle : on ne saurait jamais trop parler de Marie !

Il faut y ajouter une théologie de la Rédemption qui commande l’image d’un Dieu courroucé, que seule une intervention de Marie saurait toucher. Image qui n’est d’ailleurs pas nouvelle : sur le mur célèbre de la Sixtine, on voit déjà cette Vierge implorante aux pieds de son Fils – jeune athlète qui étend un bras vengeur sur les condamnés qui tombent en grappes.

Mais le succès du culte marial au XlXe siècle (la question de l’Immaculée Conception, débattue dans l’Église depuis le Xlle siècle, envahit la vie privée, politique et religieuse) s’explique aussi par l’utilisation politique qui en est faite. Laïque sous la Révolution, l’État se range officiellement sous la bannière de Marie pendant le Second Empire. En 1855, Napoléon III adresse l’image de la Vierge à toute la marine française. La même année, il donne à l’Église le bronze des canons pris à Sébastopol, qui servira à couler la colossale statue de Notre-Dame de France qui surplombe le Puy-en-Velay.

Faut-il rappeler le divorce entre l’art qui, en ce siècle, connut de tels chefs-d’œuvre, et l’Église, ralliée à l’art officiel et académique ? On ne trouvera rien d’autre à faire pour exprimer le sacré que du colossal (au Puy, mais aussi à Fourvière, et au sommet de Notre-Dame de la Garde), ou que de livrer la Vierge à la fadeur et à la mièvrerie de l’art industriel, dit de Saint Sulpice.

C’est l’époque où Marie est ravalée au rang de label publicitaire. Elle donne son nom à un des premiers grands magasins :” La Belle Jardinière ”. Qui se souvient que c’est là le titre d’une célèbre Madone de Raphaël ? (Et quel dessein obscur a fait construire à côté de “ La Belle Jardinière ”… “ La Samaritaine “ ?).

Le polémiste Louis Veuillot s’écrie, au lendemain de la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception (1854) : “ L’époque qui suit le siècle de Voltaire pourra s’appeler le siècle de Marie “. Comment ne pas sentir la joie de la revanche chez cet ennemi des Lumières ? De plus le succès de Marie trouve un terrain d’élection dans un pays qui sort de la crise religieuse du XVllle siècle et où la religion se féminise. De fait, les hommes se détournent de plus en plus de la foi et de la pratique, alors que les femmes y restent attachées. En témoignent et l’extrême vitalité des communautés religieuses, qui n’ont pas attendu le Concordat pour reprendre leurs activités, et la fondation – chiffre à peine croyable – de 800 congrégations de femmes vouées à l’instruction. Comme l’écrit Jules Michelet dans son Journal : “ Dieu change de sexe, il faut le dire encore une fois “.

Si Marie prend cette place, c’est aussi que les harmoniques féminines de la religion deviennent une pièce essentielle de l’apologétique. Écoutons Chateaubriand, dans Le Génie du Christianisme, parler de Marie : “On pourrait dire quelque chose sur cette femme (…) à la fois Vierge et Mère, les deux états les plus divins de la femme. Cette tendre médiatrice entre nous et l’Éternel ouvre avec la douce vertu de son sexe un cœur plein de pitié : dogme enchanté qui adoucit la terreur d’un Dieu en interposant la beauté entre notre néant et la majesté divine (…) Marie est la divinité de l’innocence, de la faiblesse et du malheur “… etc. Ce texte me semble significatif de l’ignorance théologique d’un homme pourtant particulièrement cultivé (que penser alors de l’état du peuple ?) : le Christ en est absent, exactement remplacé par Marie, dès lors justement appelée médiatrice, puisqu’elle tient la place de l’unique Médiateur, et donc quasiment divinisée.

Nous tenons là, me semble-t-il, une des causes de l’inflation mariale de cette époque. Marie est devenue, en plein déisme, un véritable, mais peut-être nécessaire, doublet féminin de Jésus, face à une christologie sans doute réservée aux seuls clercs.

Mais si les données fondamentales de la foi au Christ semblent ne plus irriguer la foi du peuple, que dire du rôle du Saint Esprit ? Est-ce que Marie n’est pas venue, dans une certaine mesure, remplir le vide pneumatologique de la théologie occidentale ? C’est le pasteur Marchand qui, en 1951, a fait remarquer que le catholicisme avait transféré à Marie les grands thèmes johanniques sur le Paraclet (mot qui veut dire avocat) ; or c’est Marie qui devient avocate dans le Salve Regina. Quand saint Jean fait dire à Jésus : “Je ne vous laisserai pas orphelins “, en annonçant l’envoi de l’Esprit, quel chrétien songe aujourd’hui à la maternité de l’Esprit ? Que penser de : “ A Jésus par Marie “ ? Selon Jean, c’est l’Esprit qui nous y conduit : “L’Esprit Saint vous fera ressouvenir de tout ce que je vous ai dit “. “Mère du bon conseil “ ? L’inspiration est une fonction de l’Esprit. Dire de Marie “qu’elle forme en nous le Christ “, ou mieux encore, comme le Cardinal Billot (1921) qu’elle est “source et principe en nous de toute vie surnaturelle “, n’est-ce pas lui prêter la fonction même de l’Esprit ?

Sans aucun doute, par rapport à l’Esprit Saint Marie a joué ainsi – dans la subjectivité croyante – un rôle de substitution. Alors ne faudrait-il pas lui ajouter un nouveau titre, et je le dis sans dérision aucune : elle est là quand les hommes d’Église sont défaillants, véritable servante de la foi menacée des chrétiens : “ Marie, fidèle suppléante “ !

Un peu plus tard, la société bourgeoise et masculine trouvera un puissant allié dans l’Église, lorsque celle-ci proposera comme modèle d’éducation une figure de femme soumise, attachée à son foyer, douce, obéissante, toujours prête à se sacrifier, avide de protection et manifestant apparemment peu d’intérêt pour les réalités sexuelles.

Dans cette éducation, et même si on affirme que la charité est première, la vertu de pureté prend la première place – au sens de chasteté, sens très restrictif par rapport à la pureté dont parlent les Béatitudes. Cette valorisation de la chasteté est sans doute renforcée par le fait que l’éducation est confiée à des religieuses, c’est-à-dire à des vierges consacrées. Le modèle de la virginité est bien entendu Marie ; l’identification à la Vierge est d’ailleurs tout à fait compatible avec l’identification à Marie comme mère, mais justement parce que c’est une maternité exceptionnelle, Marie étant à la fois Vierge et Mère.

Le crescendo des privilèges attribués à Marie en fait une figure idéalisée, et de plus en plus irréelle, de moins en moins femme, de moins en moins sexuée, et en un sens, au moment même où on la propose comme modèle, de moins en moins imitable.

Pourtant, parce que c’est le propre de la sainteté de saisir l’essentiel à travers les formes culturelles les plus douteuses, les plus indigentes, et les déformations les plus flagrantes, écoutons les phrases prononcées, à l’époque que je viens d’évoquer, quelques jours avant sa mort, par Thérèse de l’Enfant Jésus : “ Pour qu’un sermon sur la Sainte Vierge porte du fruit, il faut qu’il montre sa vie réelle, telle que l’Évangile la fait entrevoir, et non pas sa vie supposée “. Elle trouvait que les sermons qui insistent trop sur les prérogatives de Marie lassent et ne portent pas à l’amour. Et elle ajoutait :” Qui sait même si quelque âme n’irait jusqu’à sentir alors un certain éloignement pour une créature tellement supérieure ? “

De nos jours

Il faudrait encore parler, à la même époque, de la multiplication des apparitions (Médaille miraculeuse, la Salette, Lourdes, Pontmain). Citons seulement quelques dates significatives qui nous amènent jusqu’au Concile de Vatican II :

  • – en 1895, la fondation des Congrès Marials
  • – en 1921, le projet du Cardinal Mercier de faire définir “Marie Médiatrice”
  • – en 1950, le dogme de l’Assomption
  • – en 1954, la première Année mariale
  • – en 1958, le centenaire des apparitions de Lourdes

En 1960, lors de la consultation antépréparatoire du concile de Vatican II, bien que trois cents évêques demandent encore une définition mariale, Jean XXIII précise que tel n’est pas l’objet du concile.

On peut dire que Vatican II mettra fin aux conséquences de la Contre-Réforme. Tous les mouvements qui y aboutissent – biblique, patristique, liturgique, missionnaire, œcuménique – seront des réactions contre les rigidités, les étroitesses, les excès de la Contre-Réforme. Ils apparaîtront anti-mariologiques. Ils le sont par rapport aux systématisations abstraites de la mariologie officielle. En fait, ils remettent tous en lumière les aspects majeurs de la figure de Marie. Surtout ils contribuent à resituer Marie dans son vrai lieu théologique qui est, indissociablement, l’Incarnation et la Communion des Saints. C’est là que nous la trouvons : toute relative au Christ, à l’Esprit Saint et à l’Église, aujourd’hui comme à l’origine. Avec comme seul titre celui qu’elle s’est donné à elle-même : “servante du Seigneur”, ou celui que lui donne l’Écriture : “celle qui a cru”.

Jean-Paul Mensior, sj
http://www.garriguesetsentiers.org


 

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Questa voce è stata pubblicata il 28/04/2017 da in Article mensuel, Foi et Spiritualité, FRANÇAIS con tag , , .

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