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«L’euthanasie, c’est le non-sens comme réponse au non-sens»

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A propos du livre de Corinne Van Ost : « Médecin catholique, pourquoi je pratique l’euthanasie »[1]

Corinne Van Oost s’est initiée aux soins palliatifs en France, puis elle s’est installée avec sa famille en Belgique où elle a contribué au développement de ces soins. En 2002 elle a été exposée à un autre contexte, celui de la loi dépénalisant l’euthanasie. Cependant, c’est avant la loi, en 1996, que Corinne Van Oost a choisi de pratiquer une euthanasie en réponse à la demande instante de l’une de ses malades. Cet événement est un tournant pour elle. Cette malade « l’a embarquée » écrit-elle ! Par la suite la loi est venue conforter – si l’on peut dire – cette décision et presque « normaliser » la transgression. Quand il y a transgression, il y a un fort risque de répétition dans le but de banaliser l’acte posé. Pourtant, l’auteure ne parle pas de banalisation car, pour elle, euthanasier un malade reste une souffrance. Elle reconnaît toutefois qu’il y a un risque de s’habituer. La transgression qu’elle s’est autorisée a ouvert une porte, et elle a besoin de s’en justifier.

Répondre autrement à la supplique d’euthanasie

Corinne Van Oost n’accepte pas d’emblée de répondre favorablement à une demande d’euthanasie d’un malade ; en s’entretenant avec lui, elle tente de le détourner de ce projet. Mais elle estime qu’un préalable est nécessaire à ce dialogue : elle garantit au malade qu’elle pourra accéder à sa demande s’il persiste. La contrainte du médecin serait-elle alors la condition du dialogue ? De quelle liberté jouit le médecin dans cette situation ? Cela m’interroge…

Elle considère que, dans certaines situations difficiles, le médecin doit reconnaitre son impuissance et accéder à la supplique du malade, n’ayant rien d’autre à lui proposer. A la Maison Médicale Jeanne Garnier, comme dans d’autres unités de soins palliatifs, nous ne refusons pas les personnes qui réclament l’euthanasie. Au contraire, nous sommes particulièrement attentifs à leur souffrance et nous cherchons à leur donner les meilleures conditions de soulagement pour que leur souffrance intérieure puisse être apaisée si possible. Nous nous intéressons à la question du sens que posent souvent malades et proches. Dans un grand nombre de cas, les patients changent d’avis. Serait-ce moins fréquent si l’euthanasie était légalement autorisée ?

L’euthanasie : une réponse au non-sens par le non-sens

Confrontée au non-sens de la souffrance, Corinne Van Oost accède dans certains cas à cette solution de l’euthanasie. Mais pratiquer l’euthanasie, ce n’est pas pour moi donner du sens ! C’est répondre au non-sens par le non-sens. C’est s’octroyer un pouvoir considérable, démesuré sur autrui, que je veux respecter comme une personne unique et sacrée, qui ne m’appartient pas.

L’auteure exprime des propos parfois contradictoires : ils témoignent de sa recherche mais peut-être aussi d’un certain malaise. Elle écrit que la demande d’euthanasie est l’expression d’une souffrance et que tuer n’est pas une réponse à la souffrance. Je suis bien d’accord, mais alors, pourquoi la pratiquer ?

Pour elle « l’interdit de tuer doit rester un principe fondateur de la société » mais est-ce pour se dédouaner qu’elle estime que « cet interdit ne renvoie pas au contexte de la fin de vie.» ? Comment peut-elle affirmer « ce n’est pas moi qui tue, c’est la maladie », alors qu’elle effectue délibérément le geste qui provoque la mort ? Si elle n’a pas « le sentiment de tuer », l’acte posé est bien là.

Du bon usage de la sédation

D’autre part, Corinne Van Oost ne considère pas la sédation en cas de situation de détresse comme une solution possible, car on ne sait pas si la sédation libère le patient de l’angoisse. Je ne partage pas cette position. La sédation n’est pas une solution pleinement satisfaisante car, en diminuant la vigilance du malade, elle altère ses capacités de communication. Mais, quand un malade souffre de symptômes très pénibles, rebelles aux autres traitements, il préfère lui-même être endormi que de rester dans cet état insupportable. Dans ces situations particulières, j’estime que la sédation est une aide précieuse. C’est bien préférable que de provoquer la mort qui, pour moi, reste un interdit fondamental. On pourra rétorquer que dans certains cas la sédation provoque la mort. Tout médicament a des effets secondaires mais, en respectant les bonnes pratiques, on en réduit le risque et, s’il en reste, on le tolère. La question de « ce double effet » a été posée par des anesthésistes à Pie XII. Sa réponse a été claire : ce « double effet » est acceptable si le soulagement est bien l’objectif recherché. En induisant une sédation en cas de détresse, on ne cherche pas à provoquer la mort du malade, mais à le soulager.

Un changement du rôle de la médecine

Ce livre remet aussi en cause la médecine : quel est finalement le rôle de la médecine ? Les soins palliatifs ont certes une approche globale de la personne mais Corinne Van Oost semble vouloir tout inscrire dans le cadre médical tout en souhaitant une diversité d’intervenants. Faut-il médicaliser la question du sens, comme elle tend à le faire ? Est-ce que ce n’est pas davantage une question de société où chacun a sa responsabilité ? Lors de la maladie grave ou de la fin de vie, la question du sens est posée avec force. Nous, soignants et accompagnants, aidons les personnes à cheminer, mais pouvons-nous tout résoudre ? Bien des questions restent ouvertes lorsque la mort survient…

J’ai refermé ce livre en me disant : « Heureusement qu’en France nous n’en sommes pas là, et j’espère que nous n’y serons jamais ! ». Les retentissements d’une loi qui accepte l’euthanasie sont des retentissements majeurs, tant au niveau de la demande des gens qu’au niveau de la pratique médicale et de la société. Toutes ces conséquences ne font pas envie. Contrairement à l’auteur, je ne crois pas qu’« une société qui admet l’euthanasie a gagné en humanité » ! La conséquence d’une telle loi, c’est que l’euthanasie augmente, et que le droit à l’euthanasie devient contraignant pour tous. L’euthanasie devient de fait assez contraignante pour les médecins, même s’il est dit clairement dans la loi belge que le médecin est libre de refuser. Mais il y a une très forte pression sociale.

Docteur Marie-Sylvie Richard, Maison Médicale Jeanne Garnier posté par Centre Sèvres bioéthique le 27 octobre 2014

Une première version de ce billet de blog est parue sur le site de la Revue chrétienne des personnes malades et handicapées, de leurs familles et amis, publiée par l’OCH : Ombre et Lumières : http://www.ombresetlumiere.fr/

[1] Corinne Van Oost, Médecin catholique, pourquoi je pratique l’euthanasie, Editions Presses de la Renaissance, 2014, 208 p.


 

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Questa voce è stata pubblicata il 13/08/2017 da in Actualité, Société, Culture, FRANÇAIS con tag .

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