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In memoria Passionis


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Retable de la passion, mort, résurrection, ascension de Jésus, Bernard Saulet, 1341-1342

Publié le 8 avril 2019 par Garrigues et Sentiers

Avant de fêter la Résurrection, il faut se souvenir de ce qui précède. Dans le triptyque « passion-mort-résurection », la tentation est grande de très vite s’en tenir au troisième terme, alors que justement c’est celui qui prend sens dans l’eschatologie (certains diraient dans l’utopie) pour nous permettre de vivre les deux premiers et non pour les occulter.

A l’entrée du temps de la Passion (premier et deuxième dimanches de la Passion), les chrétiens sont appelés à faire pénitence, à méditer sur les souffrances de Jésus, voire à souffrir avec lui (cela est de moins en moins prêché au vu des dérives bien connues, mais cela reste dans les textes spirituels recommandés, c’était une pratique courante parmi nos prédécesseurs). En s’appuyant sur le texte du serviteur d’Isaïe (« il a été transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes » Is 53, 5), l’Église affirmait que Jésus a souffert pour racheter nos péchés. Remarquons qu’à cette époque, toute souffrance était comprise comme conséquence du péché, idée que pourtant Jésus a récusée. C’est toute la souffrance des hommes, celle due à notre péché et toutes les autres que Jésus porte avec lui, dont il se fait solidaire:

« Ce sont nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé » (Is 53, 4). Le péché fait partie de la souffrance.

Ce n’est pas la dureté de la souffrance physique de Jésus qui importe, il a subi les tortures infligées ordinairement par les Romains aux condamnés. La souffrance de Jésus réside d’abord dans son échec, dans une condamnation à une mort ignominieuse, celle des esclaves et des « droits communs » (et il est exécuté avec deux « droits communs »). Sa souffrance est celle du désespoir, celui de l’abandon de ses amis, celui de l’abandon du Père, désespoir crié dans son agonie. Jésus, vaincu, est allé dans sa Passion jusqu’au bout de sa mission telle qu’il l’avait comprise : annoncer aux petits, aux exclus, aux souffrants, qu’ils peuvent se relever, que ce sont eux qui comptent, que l’amour du Père ne les abandonne pas, qu’il porte leur souffrance avec eux. Il porte sur lui la misère du monde. On retrouve les termes du chant du Serviteur qui expliquent la mission, repris par les évangélistes :

« Aussi bien le Fils de l’homme lui-même n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude » Mc 10, 45, qu’on retrouve dans Matthieu et Luc.

Le Credo, ce résumé théologique de notre foi, proclame cette descente qui précède la résurrection : « a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort, a été enseveli, est descendu aux enfers ». Par la descente aux enfers, les Pères signifiaient que Jésus ne se contentait pas de porter les souffrances des vivants, mais aussi de tous les morts qui précédaient. Eux non plus ne peuvent être oubliés, laissés pour compte. La compassion est pour tous les hommes, présents, à venir, et passés. L’échec individuel de notre mort n’est pas le dernier mot, Jésus relève les morts aussi.

Alors la route est tracée pour nous qui voulons (prétendons) suivre le Christ. Nous rendre solidaires des petits, des exclus, de tous ceux qui souffrent, sans oublier ceux qui ne sont plus là, sans oublier notre responsabilité envers ceux qui nous suivront. Pas un ne doit passer par pertes et profits. Le Royaume se construit là où l’on se montre solidaire des autres hommes, là où on souffre de leurs souffrances, là où on appelle chacun à se relever, à se libérer de ses chaînes.

Le Royaume n’est pas un royaume de vainqueurs qui, systématiquement, écrasent les vaincus. Avant sa Passion, Jésus a vécu son triomphe : d’abord en recevant à Béthanie l’onction d’une femme « de mauvaise vie », puis en montant sur un âne pour recevoir l’hommage de la foule, enfin en allant vers le temple provoquer les puissants en s’attaquant directement à leur pouvoir civil et religieux quand il a chassé les vendeurs. A la même époque les généraux romains qui célébraient leur triomphe défilaient sur des chars, suivis des chefs vaincus enchaînés, et se dirigeaient vers le Sénat pour recevoir tous les honneurs du pouvoir en place (voire le remplacer).

Notre foi est en contradiction avec le monde qui nous entoure, elle est alors un bon antidote à toute dictature, à tout pouvoir instauré par une victoire qui rejette les vaincus, à tout pouvoir hiérarchique qui n’est pas d’abord serviteur des hommes, de tous les hommes.

Marc Durand
http://www.garriguesetsentiers.org

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